Consommation Le concurrent de Génération W est né, pour mettre en avant la qualité et les producteurs.

Créativité, originalité, qualité, voici les maîtres mots de Chef COQ, la nouvelle guilde des métiers de bouche qui vient de se créer à l’initiative d’un noyau namuro-liégeois pour promouvoir la gastronomie wallonne. "Elle regroupe l’ensemble des métiers de bouche qui travaillent au quotidien pour une image qualitative de leur corporation : traiteurs, restaurateurs, bouchers, charcutiers, chocolatiers, pâtissiers, boulangers, fromagers, glaciers. Ainsi que tous les producteurs qui partagent nos valeurs et les défendent avec dynamisme et motivation", explique Roger Simul, le président de la corporation.

Dans l’organigramme, il est rejoint par Joël Rademaker (Traiteur Les Cours à Herve), Yvon Degaye (Les Salons du Beaurevoir à Alleur), Agnès Collet (La Cuisine du BelRivE à Namur) et Bruno Delvaux (Traiteur Delvaux à Andenne).

La guilde affirme ne souhaiter faire concurrence ni au noyau culinaire wallon Génération W ni aux autres associations gastronomiques mais note que les producteurs grâce à qui les grands chefs proposent de la qualité ne sont pas assez défendus. "Souvent, on starifie les chefs alors qu’on ne sait pas faire grand-chose sans les producteurs, Imaginez ce qu’on proposerait dans nos restaurants si on devait se contenter des ingrédients fournis par l’industrie !", dénonce le chef du restaurant gastronomique Le Charmes Chambertin à Clermont-Thimister.

Au départ de ce groupement d’intérêts, le constat que le secteur est en difficulté : "C’est bien beau de travailler par passion et de fabriquer de magnifiques produits, mais certains producteurs ont vraiment des difficultés à vivre de leur travail. Par ailleurs, on remarque qu’il ne se crée plus aucun nouveau restaurant. Tout ce qui s’ouvre depuis quelque temps, ce sont des brasseries ou presque."

Une tendance au détriment de l’originalité et de la créativité, selon la guilde.

Le but de Chef COQ est donc d’offrir une visibilité médiatique à tous ses membres - une cinquantaine jusqu’à présent - mais surtout de favoriser les échanges entre professionnels et faire pression sur les distributeurs pour renforcer la qualité. "Il n’est pas rentable pour un petit producteur liégeois de livrer ses fromages à l’autre bout de la Wallonie. Par contre, si on crée un label COQ, il pourra plus facilement être présent chez les grands fournisseurs de traiteurs et restaurants", explique Roger Simul.