Consommation

Les bières de Chimay vont en effet s’écouler à quelque 170.000 hectolitres cette année, dont la moitié est exportée dans une quarantaine de pays à travers le monde. Bon an mal an, la production augmente de 1 à 2 %, tel un long fleuve tranquille, même si l’arrivée de nouvelles bières artisanales sur le marché représente une nouvelle concurrence à ne pas négliger.

Les fromages, c’est cette fois 1.000 tonnes par an, dont 800 tonnes sont consommées en Belgique, et écoulées essentiellement via la grande distribution. "Nous sommes une petite fabrique", souligne Jean-Marie Boche, directeur d’exploitation. À l’instar de la Chimay Bleue qui représente 50 % des ventes de trappistes, le fromage Grand Classique pèse autant dans la balance fromagère.

Les fromages , toutefois, n’ont pas la même renommée que la bière. Et il est difficile pour les fromages de Chimay de jouer des coudes dans un environnement très concurrentiel, où les marges sont bien moins élevées que sur les bières.

Chimay a pourtant de l’ambition pour ses fromages, d’autant que la capacité de ses installations, qu’il faut rentabiliser, est de 1.500 tonnes.

D’où l’idée de proposer de nouveaux fromages. Mais pas n’importe lesquels, et encore moins n’importe comment. Non, l’idée, c’est de proposer des fromages plus authentiques encore, qui se marient idéalement avec… une trappiste de Chimay. "Nous voulons créer une solidarité entre les deux produits, bière et fromage", explique Wim Verschueren, marketing manager.

Au printemps dernier, Chimay lançait la commercialisation de la Dorée, une bière jusqu’alors réservée aux membres du personnel et aux visiteurs de l’auberge de Poteaupré, proche de l’abbaye de Scourmont. Quelque 150 établissements en proposent, accompagnée d’un morceau de fromage… Doré. Et si la Dorée commence à être proposée dans la distribution, c’est dans un emballage comprenant du Doré.

Aujourd’hui, c’est un fromage lavé à la Chimay Bleue que la fromagerie lance. À nouveau, c’est Jean-Marie Boche qui a été aux commandes de ce nouveau produit, sur lequel le groupe compte énormément pour établir une notoriété digne de ses bières alors que la première production de fromage date de 1876.

Et ce fromage lavé à la Chimay Bleue doit idéalement se déguster avec une Chimay Bleue. "La bière apporte une autre dimension à la dégustation", évoque Jérôme Goffinet, porte-parole.

Pour que la dégustation soit optimale, il faut bien entendu sortir du frigo le fromage une (bonne) heure avant de le proposer à table. Et surtout, il faut manger la croûte. "C’est vrai qu’il y a très peu de consommateurs qui mangent la croûte. Nous conseillons de la manger, car c’est la croûte qui a été lavée au fromage et où l’on retrouve toute la richesse du fromage", note Wim Verschueren.

Ce nectar de la Chimay Bleue, on le retrouve également au cœur même du fromage : du malt caramel, soit le même ingrédient que la trappiste bleue, intervient dans la composition du fromage.

À consommer avec sagesse, du moins pour la Chimay Bleue !