Consommation Dans le magasin d’Anderlecht, avant celui de Zaventem puis tous les autres. Bémol : le service n’est pas donné…

Chez le géant suédois Ikea, on aime bien partir avant les autres. Le meuble en kit, le do-it-yourself, les paquets les plus planes possible, la restauration in-shop : autant de concepts défrichés par Ingvar Kamprad, fondateur de l’empire Ikea. Mais il arrive encore à la multinationale jaune et bleue de traîner des pieds sur certains domaines… L’e-commerce, par exemple.

À l’heure de la livraison de pizzas par des drones, dans la majorité des marchés où il opère, en septembre 2016, Ikea ne permet toujours pas à sa clientèle d’acheter ses produits en ligne. Sauf que pour la Belgique, cela va - enfin - changer.

Les clients du mégastore Ikea d’Anderlecht ont, depuis ce matin, la possibilité de commander et de payer des articles en ligne. Dès le jour suivant, ils disposent alors de quatre jours pour aller retirer leur commande en magasin ou dans un des points d’enlèvement liés au magasin. Cette alternative est intéressante pour les non-Bruxellois pour qui un tour dans un complexe Ikea un samedi équivaut à la torture de la goutte d’eau chinoise : deux points d’enlèvement sont dès aujourd’hui disponibles, chez Dockx Nivelles et Dockx Drogenbos. Il n’est pas exclu que d’autres pick-up points soient proposés par la suite.

Précision importante : cette nouveauté, baptisée Click&Collect - et qui est donc l’exact équivalent de Collect&Go chez Colruyt, Carrefour Drive ou Delhaize Online - n’est encore qu’un projet-pilote, destiné à évaluer la demande, l’expérience et les éventuels aléas du nouveau canal de vente sur le marché belge et ses spécificités.

On est donc encore loin de la livraison à domicile, mais Ikea avance sur l’épineux dossier de l’e-commerce. Le bémol, c’est que ce projet-pilote, qui doit préfigurer d’un lancement dans tous les points de vente belges en 2017, n’est pas gratuit. Osons même écrire qu’il est assez cher : minimum 10 €, maximum 40 €. Le tarif étant dépendant du poids total de la commande. Par exemple, pour un sofa et une table à manger, il faut compter 20 € de frais de préparation. Pour, tout de même, devoir se déplacer et prendre en charge le transport des marchandises… Rien de révolutionnaire.

"Après évaluation et ajustements éventuels, un deuxième projet pilote sera lancé à Zaventem avant que le service Click&Collect soit ensuite introduit dans les autres magasins de Belgique", avance le géant suédois. Dont les dires même de la CEO d’Ikea Belgique Catherine Bendayan confirment que le service Click&Collect tel que présenté n’est qu’un teaser de ce que sera l’offre définitive : "Le lancement du projet pilote Click&Collect est un premier pas important avant que nous commencions effectivement à vendre notre assortiment en ligne en 2017."

Des drones pour livrer vos médocs

Depuis 2013 au moins, les drones intriguent l’entreprise de livraison américaine UPS. Prime Air, le projet de livraison par drone imaginé par Amazon, avait alors un peu forcé les titans de la livraison à envisager l’engin comme une possibilité sérieuse d’acheminement de colis, dans certaines situations, pour certaines catégories de produits. Depuis, plusieurs services postaux et grands groupes se sont manifestés sur ce créneau, de DHL à Walmart, Domino’s, Google, Facebook ou encore Alibaba. La semaine dernière, c’est dans le domaine du secours médical qu’un test grandeur nature a été effectué par UPS au moyen d’un drone. Le petit aéronef a été utilisé pour acheminer un médicament sur une île (Children’s Island) située à environ 3 kilomètres des côtes américaines. Test réussi. Et qui entrouvre la porte à un florilège de scénarios.

Par ailleurs, Alphabet, la maison mère de Google, s’est essayé à la livraison de nourriture par drone il y a peu dans l’État de Californie. Domino’s espère faire de même avec ses pizzas prochainement. L’assouplissement récent des règles d’aviation américaine (pays d’où naîtra le phénomène, s’il doit naître) présage peut-être d’une nouvelle révolution dans le monde de la livraison.