Consommation

Monsieur V. s’étonne de la publicité faite pour l’ostéopathie pour bébés sur le site d’un hôpital universitaire.

Sur le site de l’Universitair Ziekenhuis Brussel on lit en effet : "L’ostéopathie est une thérapie alternative qui peut avoir une place en complément à la médecine traditionnelle. […] Une perte de mobilité des tissus entraîne des troubles du fonctionnement qui peuvent être appréhendés de manière diagnostique et thérapeutique. En concertation avec le néonatologue il peut vous être proposé de faire traiter votre bébé par l’ostéopathe, pour promouvoir la digestion et les selles, améliorer la posture corporelle, etc."

Notre lecteur s’étonne qu’un hôpital universitaire cautionne le recours à cette thérapie parallèle pour les bébés. L’ostéopathie peut sans doute avoir des effets bénéfiques en ce qui concerne certains troubles musculo-squelettiques, comme le mal de dos. Mais, à l’origine, elle vise plus large et nombre d’ostéopathes prétendent traiter bien d’autres affections : mal de tête, sinusite, gastrite, colite, cystite, fatigue chronique, asthme, etc.

Or il n’y a pas de preuves convaincantes pour toutes ces allégations. Même constat pour ce qui est des prétendues vertus des manipulations ostéopathiques appliquées aux bébés pour de supposés problèmes de reflux, de coliques infantiles, de sommeil perturbé, de mauvaise position corporelle, etc.

Qu’un hôpital universitaire suggère une thérapie alternative pour un domaine d’application où les preuves d’efficacité font défaut est pour le moins bizarre. Nous avons contacté l’UZ Brussel pour en savoir plus. Sans réponse, hélas…

Chasser les poux à coups d’élastiques ?

Madame W. se demande ce qu’elle doit penser du système anti-poux Leeloop.

Ces élastiques anti-poux (environ 8 € pour 4) ciblent les filles, la mode garçons n’étant pas encore aux tresses. Selon la publicité, un seul élastique dans la chevelure suffit pour être à l’abri des poux pendant 2 semaines. Le secret ? Le mélange "100 % naturel" d’huiles essentielles dont ils sont imprégnés. Comme la publicité évoque une efficacité prouvée, nous avons contacté le fabricant. Nous avons reçu le compte-rendu d’une étude in vitro, c’est-à-dire en laboratoire. Pas question donc d’un test pratique en situation réelle.

Il en ressort que les élastiques ont un effet répulsif contre les poux comparable à celui de l’IR3535, substance connue pour éloigner les poux. Quand on dépose des poux sur une surface plane près d’un élastique, 9 bestioles sur 10 s’en éloignent jusqu’à au moins 6 cm de distance. Fort bien, mais cet effet répulsif suffit-il en pratique pour protéger le cuir chevelu des infestations ? Bien malin qui le dira. Pour le savoir, il faudrait une étude plus réaliste, la tête d’un enfant étant tout autre chose qu’un dispositif de laboratoire. La dite "efficacité prouvée" est donc toute relative.