Consommation

Monsieur V. a vu passer sur sa page Facebook un lien vers un article selon lequel l’huile de cannabis permettrait de traiter la leucémie, témoignages à l’appui. Il aimerait savoir si cela repose sur des faits.

On trouve sur la toile de nombreuses pages qui présentent l’huile de cannabis comme un traitement efficace de la leucémie, ainsi d’ailleurs que d’autres cancers.

Deux cas en particulier sont souvent mis en exergue :

- "Voici comment l’huile de cannabis a guéri une leucémie d’un petit garçon de trois ans. Le traitement de Landon a duré deux mois et aujourd’hui, il se porte à merveille." - "Mykayla Comstock a une leucémie. Avec un traitement à base d’huile de cannabis, Mykayla a montré une amélioration miraculeuse. Ses parents déclarent que sa leucémie est en rémission." D’aucuns vantent l’huile de cannabis également pour le mélanome, le diabète, les infections… On ose même faire état de 70 % de taux de guérison en matière de cancer ! On trouve sur la toile nombre de "témoignages" de personnes qui prétendent avoir été guéries par l’huile de cannabis. Souvent sans détails qui permettraient de vérifier quoi que ce soit (dossier médical détaillé, diagnostic exact, nature et durée des traitements déjà utilisés etc.). Souvent aussi, une recherche plus poussée révèle que les patients prétendument guéris sont finalement quand même décédés. Certaines propriétés du cannabis sont mises à profit pour soulager les effets indésirables des traitements du cancer ou les symptômes de la maladie elle-même, mais il n’y a actuellement pas l’ombre d’une preuve que le cannabis puisse guérir des cancers. Des études sur des souris ou des cellules en éprouvette suggèrent que c’est une piste à explorer, mais des études sur l’homme font à ce jour défaut. Pour certains, la "non reconnaissance" du cannabis pour traiter le cancer est un complot de l’industrie pharmaceutique. Chacun croit ce qu’il veut, mais reste qu’il n’y a aujourd’hui pas de données suggérant que l’huile de cannabis guérisse la leucémie.

Des pilules contre le burn out? 

Monsieur P. nous demande ce que vaut le Grintax, produit proposé pour prévenir ou infléchir la "fatigue professionnelle", en clair le burn out.

Le burn out touche de plus en plus de gens. Une raison majeure est l’évolution des modalités et conditions de travail. Mais plutôt que de s’attaquer à la racine du mal, on préfère "responsabiliser" le travailleur, par exemple, en lui proposant des formations censées l’armer contre le burn out. Bientôt on nous dira qu’il s’agit d’une maladie qui se traite à coups d’antidépresseurs. Aujourd’hui, déjà, on nous suggère le recours à des compléments alimentaires, comme le Grintax. Le site Web de la firme conseille son produit "dès les premiers signes de fatigue professionnelle".

Il s’agit de comprimés à base de taurine, de caséine et d’extrait de melon et d’éleuthérocoque. La "fatigue professionnelle" n’est pourtant pas une allégation santé admise pour un tel produit. La publicité évoque une étude montrant une amélioration significative des symptômes. Les 87 participants, tous touchés par un burn out, ont été répartis en deux groupes, les uns recevant le produit, les autres un placebo. Au bout de trois mois, les auteurs notent une amélioration plus importante parmi ceux ayant eu le vrai produit. Mais il s’agit d’une seule étude, avec un nombre limité de participants.

De plus, ceux-ci ont eu à plusieurs reprises l’occasion de parler de manière approfondie de leurs problèmes. Les auteurs de l’étude eux-mêmes précisent que si la prise du produit ne s’accompagne pas de la possibilité de discuter de ses problèmes de burn out, il ne servira à rien. Celui qui espère prévenir ou traiter un burn out rien qu’en avalant ces comprimés n’en retirera aucun bénéfice (le fabricant en revanche…). Coût : environ 75 euros pour une cure de trois mois.