Consommation 550 vins en promo, 350 vins en dégustation : Cora va débouler en octobre.

Quelque 550 vins en promo présentés dans un folder de 64 pages distribué à plus d’un million d’exemplaires : la chaîne d’hypermarchés Cora va débouler durant tout le mois d’octobre sur le marché très concurrentiel des foires aux vins.

Si, avec une telle offre, Cora joue bien entendu dans la cour des grands de la distribution, l’enseigne se prévaut d’une approche différente de la concurrence. " Nous essayons d’avoir le plus possible l’esprit caviste " , explique Alain Renier, acheteur vins.

Cora veut en tout cas tirer avantage d’un réseau bien plus modeste que les Carrefour, Colruyt et autre Delhaize.

" Nous sommes plus petits en taille mais plus forts sur le terrain où l’on veut aller " , poursuit Alain Renier.

L’acheteur vins de Cora peut aller à la découverte de petits vignerons, à la production relativement confidentielle. "Je peux par exemple acheter 1.500 bouteilles chez un vigneron, ce que mes concurrents ne peuvent se permettre. Ils ne pourraient même pas proposer une caisse par magasin."

La foire aux vins est en tout cas une affaire qui marche chez Cora : le montant moyen d’achats par client lors de la foire aux vins de l’automne 2016 a été de 503 euros. " Avec l’arrivée de grands crus 2015, nous devrions dépasser ce montant ."

Cora ne vise pas pour autant le haut de gamme. "Nous avons abandonné le millésime 2016 car il n’était tout simplement pas payable pour le commun des mortels. Des vins entre 40 et 60 euros la bouteille, ce n’est pas pour le public de Cora" , souligne l’acheteur vins, qui tape plutôt dans une fourchette de dix à vingt euros "pour plaire au plus grand nombre".

Le but est d’avoir des prix corrects, que ce soit pour le vigneron ou le client.

Il est aussi possible de trouver des vins " somptueux" à moins de dix euros.

L’offre de cet automne proposera des vins bio, des vins nature, des vins du nouveau monde et bien entendu des vins français. Comme ailleurs, le bordeaux souffre. "Il reviendra en grâce avec de bons millésimes." Les vins du nouveau monde ne décollent pas : deux pages sur 64 dans le folder en Wallonie et quatre à Bruxelles, où les ventes sont meilleures.

Cora propose également six vins sans sulfites. " Six vins, cela n’a l’air de rien, mais c’est important. Ce sont des vins plein de fruits, riches, gouleyants."

Cora, c’est surtout une approche différente pour faire découvrir son offre.

Ce sont des séances de dégustation payantes (vingt euros par personne) organisées à partir de la semaine prochaine : plus de 8.500 personnes se sont déjà inscrites via le site Cora Wine. " L’accès payant nous permet de filtrer l’accès ."

L’amateur s’y retrouve car il y aura cette année 350 vins en dégustation. Le client disposant d’une carte d’une fidélité peut récupérer sa mise de départ en bénéficiant de 25 euros en avantages s’il achète du vin lors de la foire, ce qui est le cas de 98 % des participants.

Une offre plus haut de gamme en alcool

La hausse des accises sur l’alcool décidée par le gouvernement Michel en novembre 2015 a fait lourdement chuter les ventes en Belgique.

" Le marché s’est écroulé sur les ventes de produits d’entrée de gamme ", souligne Alain Renier. Logique en soi : 2,50 euros en plus sur une bouteille d’une dizaine d’euros, cela se ressent directement au portefeuille. Au Cora de Messancy, proche de la frontière avec le Luxembourg, on ne vend quasiment plus une bouteille d’alcool.

L’assortiment a du coup été modifié dans les hypermarchés Cora : l’espace réservé aux produits d’entrée de gamme a été réduit au profit de produits plus qualitatifs. " Nous avons élargi notre offre haut de gamme ce qui permet de diluer l’effet des accises. Plus le produit est cher, plus l’impact des accises est noyé dans le prix ", explique Alain Renier. " Cette nouvelle approche marche très bien ."


La chasse aux promos bat son plein
© JC Guillaume

Le client des foires aux vins à la recherche des bonnes affaires.

Les foires aux vins, c’est déjà un peu de l’histoire ancienne chez Carrefour, Delhaize et Colruyt, qui ont lancé le mouvement voilà deux semaines déjà.

La quête des bonnes affaires a guidé le client depuis lors. " Les promos sont évidemment très populaires ", remarque Roel Dekelver. Ces promos permettent d’acheter quelques bouteilles afin de les déguster à la maison. " Ces clients reviennent ensuite pour acheter plus volumes. Nous avons aussi des amateurs et cavistes qui sont attirés par les opportunités des grands châteaux ."

Le mauvais temps de ces derniers jours a quelque peu ralenti l’élan des clients. "L’action vin démarre moins vite que l’année dernière en raison du mauvais temps. Le rosé a aussi moins bien marché mais nous prévoyons que les ventes vont reprendre à partir de cette semaine avec le retour du beau temps."

" Le client s’est montré très réactif sur les offres promos et il a bien raison ", explique également Jean-Christophe Verschelde, acheteur vins chez Colruyt.

Les dégustations ont été un bon moteur de ventes, en hausse de 4,5 % chez Colruyt si l’on met entre parenthèses le Cava Gran Baron, qui avait particulièrement cartonné l’année dernière en raison d’une politique de prix très agressive.

" Le client déguste, regarde si le prix lui convient, et si c’est le cas il achète ", poursuit-il. " Le stock central de magnums est épuisé. " L’action magnum gratuit continue toutefois dans les magasins en fonction des disponibilités.

Une nouvelle phase de la foire aux vins débute cette semaine avec des réductions de 25 % à l’achat de 12 bouteilles, par exemple.

" Market a très bien démarré" , souligne pour sa part Baptiste Van Outryve, porte-parole chez Carrefour. Deux explications à cela : une offre renouvelée et des promos plus simples.

Market bénéficie aussi du fait qu’il n’est pas en concurrence avec les hypers, comme les années précédentes. Hyper Carrefour suivra en octobre. Le folder est disponible sur le site de l’enseigne.