Consommation Delhaize propose à nouveau des légumes difformes.

À bas le diktat de la beauté ! Minces, gros, tordus ou même difformes, c’est du pareil au même. On ne parle bien entendu pas des prochains modèles qui défileront sur les podiums (le chemin pour faire accepter d’autres standards est encore bien long dans ce domaine), mais bien des fruits et légumes qu’on qualifie de "moches".

L’été dernier , Delhaize avait décidé de mener un projet pilote en commercialisant des cageots de légumes non standardisés dans 16 magasins. Plus de 6.000 caissettes ont ainsi été vendues au prix de 3,99 € les 3 kilos. Un petit pas de plus dans la lutte contre le gaspillage qui figure au rang des priorités de l’enseigne au Lion. Le succès fut tel que Delhaize a donc décidé de réitérer l’opération cette année, dès ce 29 avril. Et en passant à la vitesse supérieure puisque ce sont 50 supermarchés et 50 AD Delhaize qui y participeront.

Même principe et même prix : 3,99 € la caissette de 3 kilos environ. "La composition varie en fonction de l’offre du marché et peut donc changer d’un jour à l’autre. Le client paie toujours 3,99 €, ce qui représente une économie qui peut dépasser les 30 % par rapport aux prix des mêmes légumes standardisés."

Delhaize estime pouvoir écouler pas moins de 3.000 caissettes par semaine. De la sorte, l’enseigne réaffirme son engagement dans la "lutte contre le gaspillage alimentaire. Cela passe non seulement par le don des produits invendus, mais aussi en veillant à ce que les légumes d’apparence imparfaite parviennent malgré tout jusqu’au consommateur. Chaque année, près d’un tiers de la production alimentaire ne serait pas consommée. Une grande partie des légumes difformes ne serait donc pas écoulée dans la chaîne alimentaire classique. Cette action est donc pour nous le moyen d’y remédier."

Un pas de plus dans la bonne direction, mais les initiatives restent encore marginales. Et ce malgré les efforts entrepris par la Commission européenne dès 2008.

Il y a près de 10 ans, la Commission avait en effet décidé de revoir les canons de beauté de 26 fruits et légumes sur les 36 faisant l’objet de mensurations précises.

L’objectif était déjà de lutter contre le gaspillage, mais aussi, en permettant la commercialisation de certains produits moins calibrés, de faire baisser les prix pour le consommateur. Tous les objectifs n’ont pas été atteints, certains producteurs regrettant que les prix de l’ensemble de la production aient ainsi été tirés vers le bas…

D’autres initiatives

Dans le secteur de la grande distribution, il n’y a pas que Delhaize qui a fait de la lutte contre le gaspillage une priorité. Chez Carrefour aussi, des programmes de redistribution des invendus ou de fruits et légumes ne correspondant pas à 100% aux standards sont redistribués à des associations.

Lidl aussi collabore avec les banques alimentaires, espérant d’ailleurs à moyen terme que 100 de ses magasins collaborent directement avec des associations locales pour la redistribution des invendus. Autre opération couronnée de succès lancée l’hiver dernier: une "soupe d’aujourd’hui aux légumes d’hier".

De la sorte, les légumes encore tout à fait comestibles mais plus suffisamment présentables ont été transformés en soupe. "Nous avons récolté 50.000 € par ce biais, entièrement reversés aux banques alimentaires", explique Julien Wathieu, porte-parole de l’enseigne. "Et en ce qui concerne les légumes dits moches, nous travaillons aussi avec nos producteurs pour qu’ils ne soient pas jetés. Les chicons mal calibrés sont ainsi transformés dans des plats préparés. Pour les concombres, pas de gaspillage non plus, ils sont utilisés pour confectionner des salades fraîches."