Consommation 1.000 restos partenaires, 6 villes desservies, 2.500 coursiers…

Mathieu de Lophem, General Manager de Deliveroo Belgique, n’a pas honte de catégoriser encore Deliveroo dans les rangs des start-up. "La définition d’une start-up n’est pas très précise, mais à partir du moment où l’on considère que nous n’avons pas encore deux ans d’existence et que nous travaillons avec une équipe assez réduite, tout en connaissant une croissance continue à deux chiffres, cela ne me dérange pas qu’on nous considère comme une start-up."

Ce qui permet notamment à Deliveroo d’assurer cette croissance (650 % en un an), c’est aussi la rapidité de prise de décisions inhérente au modèle économique de l’entreprise. "Cela va en effet très vite. Les décisions sont rapides, mais leur mise en œuvre aussi."

Pour autant, comme les autres acteurs du secteur de la livraison de repas, la rentabilité n’est pas encore à l’ordre du jour. "La croissance est primordiale, mais c’est sûr qu’elle a un coût. Chaque lancement de nouveau marché est un investissement, mais on cherche en permanence les moyens de le rentabiliser. Mais nos investisseurs nous suivent de près et tous les signaux sont au vert. Nous avons bon espoir d’assurer notre rentaibilité à moyen terme."

Pour autant, Mathieu de Lophem n’estime pas que la réussite passe par la suppression de la concurrence. "Il est clair qu’il n’y a pas la place pour dix acteurs majeurs sur le marché, mais je pense qu’on peut très bien y vivre à plusieurs. Le marché a un potentiel énorme, mais avant de savoir quelle part du gâteau on peut viser, il faut connaître la taille de la tarte."

Entre la croissance au sein des 6 villes où Deliveroo est implanté et l’ouverture de nouvelles zones de livraison, la stratégie se ventile sur deux axes majeurs. "Pour le moment, aucun des deux n’est un obstacle. Tout comme on ne rencontre pas de problème à convaincre les restaurants de nous faire confiance (NdlR : le réseau vient de franchir la barre des 1.000 établissements partenaires). Et on ne souffre pas d’un problème de recrutement des livreurs à vélo non plus."

Précisément, Deliveroo et ses pairs n’ont pas toujours bonne presse lorsqu’on évoque leur mode de fonctionnement et de rémunération. "Chez nous, on joue la carte de la transparence. Nos livreurs sont payés 10 € de l’heure en moyenne, quel que soit le nombre de livraisons effectuées. Et ils travaillent quand ils en ont besoin ou envie. Nous comptons d’ailleurs beaucoup d’étudiants dans nos rangs et lorsque ce sont les examens, ils lèvent le pied pour reprendre dès la fin de la session. Ils sont déclarés via la Smart et tous nos salariés (40 personnes) sont déclarés en Belgique. Nous contribuons donc comme toute autre entreprise à l’économie belge. Lois sociales et impôts sont payés en Belgique."