"L'essence à 2 euros/litre ? On y arrivera"

Propos recueillis par V. Van Vyve Publié le - Mis à jour le

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C'est l'avis de Petrolfed, la fédération pétrolière belge

BRUXELLES Le prix de l'essence n'a cessé d'augmenter depuis le début de l'année, reflétant ainsi la hausse du prix du baril. Quelles en sont les raisons ? Quelles solutions apporter ? Franchira-t-on le cap des 2euros/litre ? Trois questions à PetrolFed, la fédération pétrolière belge.

Le pétrole n'a jamais été aussi cher en Europe (la valeur référence du Brent situe le prix du baril à 88 euros) et la période de hausse n'a jamais été aussi longue (depuis le début de la crise en 2008, on est passé de 1,610 euros/l à 1,713 aujourd'hui).

Quelles sont les raisons d'une telle augmentation ?

La première raison beaucoup évoquée pour le moment est une question de géopolitique mondiale et plus particulièrement à l'escalade iranienne. On peut également ajouter l'augmentation des prix conséquent aux printemps arabes. Depuis, un an, tant les pays producteurs de pétrole que ceux bordant le détroit d'Ormuz sont responsables de cette hausse. On note une augmentation de 20 à 25% depuis février 2010 (ndlr : le début des révoltes au Proche Orient).

La seconde raison est à chercher dans la valeur de l'euro. Depuis la crise, on a affaire à un euro faible par rapport au dollar (en moyenne, 1 euro = 1,3 dollars).

Enfin, la demande mondiale est en croissance permanente. Si en Europe, on remarque un déclin de la consommation, tel n'est pas le cas dans les pays émergents au rang desquels la Chine. On estime la consommation de l'Empire du milieu à +6% en 2012 et au-dessus de 11% en 2013.

La hausse de la demande n'est évidemment pas de nature à faire diminuer les prix. Que du contraire.

Vu la courbe ascendante que suivent les prix, à quand le litre d'essence à 2 euros ?

Je ne fais pas de pronostics mais, comme le dit le patron de Total : "On y arrivera, mais je ne peux pas dire quand." La tendance générale va en tout cas dans ce sens.

Quelles sont les solutions que pourrait prendre l'État pour contrer ces hausses ? On évoque le "cliquet inversé".

Faisons preuve d'honnêteté intellectuelle. Cette mesure est illusoire car le gouvernement perdrait, après calcul, 8 millions d'euros sur une année. Vu la situation budgétaire dans laquelle se trouve le pays, ce n'est pas imaginable.

Il faudrait plutôt encourager l'utilisation de véhicules verts, de consommation d'énergies alternatives... et de diminution de la consommation.

© La Dernière Heure 2012

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