Consommation L’Open VLD souhaite supprimer cet avantage au profit d’une rémunération nette.

C’est un vieux dossier cher à l’Open VLD qui est à nouveau ressorti du placard. Le parti flamand souhaite en effet supprimer les chèques repas et autres éco-chèques. À la place, l’Open VLD plaide pour le versement d’une rémunération nette sur le compte bancaire du travailleur.

Pour Egbert Lachaert, qui a présenté un nouveau projet de loi en ce sens, cette solution serait moins coûteuse pour les employeurs et les employés. Certes, vu sous cet angle, la proposition mérite d’être analysée. Mais les incidences d’une telle mesure seraient nombreuses sur l’emploi et l’économie, comme le rappelle l’association des entreprises émettrices VIA (Vouchers Issuers Association). Ainsi, en 2014, une proposition similaire introduite par Rik Daems avait déjà été rejetée par le Sénat, le gouvernement et les partenaires sociaux.

Du côté du CD&V et de la N-VA, l’offensive menée par Egbert Lachaert devrait recevoir un écho positif, mais il n’est pas encore sûr que le MR leur emboîtera le pas et que ce projet de loi franchisse une étape supplémentaire.

Pour les acteurs du secteur, il est donc important de rappeler les conséquences d’une telle mesure. À commencer par les pertes d’emplois, chiffrées à 8.500 selon une étude du professeur Konings (KUL). En première ligne des secteurs les plus touchés : les petits commerces et l’Horeca.

Mais croire aussi que cet argent bénéficierait entièrement à l’économie belge, comme c’est le cas actuellement avec le système en place, serait aussi une erreur. Car les achats transfrontaliers ne faisant que croître, une part des sommes versées aux travailleurs serait convertie en achats à l’étranger. On estime que sur les 2 milliards d’euros dépensés chaque année via les chèques repas en Belgique, pas moins de 400 millions d’euros pourraient filer dans les caisses des commerçants des pays voisins.