Consommation Les produits dérivés, comme les viennoiseries, vont suivre le mouvement.

Sur les marchés, le prix de la tonne de beurre a littéralement explosé ces derniers mois, au point d’évoquer une pénurie.

"Je n’irais pas jusque-là", tempère Renaat Debergh, président de la Confédération belge de l’industrie laitière. "Mais il est clair que le prix du lait a subi de fortes augmentations et que cela a des répercussions sur le prix du beurre. Pour les producteurs belges, c’est plutôt une bonne nouvelle, car ils ont vu leur production augmenter et le lait atteindre enfin des prix acceptables. Le contraste est saisissant lorsqu’on compare les niveaux de production et les prix entre juillet 2016 et la même période cette année. Là où on en obtenait 22,8 cents du litre l’an dernier, les prix atteignaient 35,7 cents en juillet dernier, soit une hausse de 57 %. De même, si l’on compare les prix moyens entre janvier et juillet 2016 (24,8 cents) et sur les 7 premiers mois de l’année (34,9 cents), la hausse s’élève à 41 % environ."

Si la demande est aujourd’hui en forte progression, cela ne s’explique pas par une pénurie de lait (+3 % de volumes en juin et juillet dernier en Belgique), mais bien parce que certains pays qui ne s’intéressaient pas (ou peu) au beurre ces dernières années, en sont désormais de gros consommateurs.

Alors que le beurre avait été quelque peu délaissé, notamment aux États-Unis où on lui préférait des margarines jugées plus saines, différentes études ont rendu à cette matière première toutes ses lettres de noblesse. Du coup, les Américains n’hésitent plus à en consommer et même si la production laitière affiche une croissance de 2 % chaque année, cela a un impact certain sur les marchés internationaux.

De même, les Chinois ont appris à consommer des croissants et en raffolent, visiblement. Avec une population estimée à près de 1,4 milliard d’habitants, on comprend aisément l’impact que cela peut engendrer.

Si les producteurs de lait ont le sourire, c’est loin d’être le cas des boulangers, par exemple. En l’espace d’un an, ils ont vu le prix du beurre quasiment doubler. Et quand on sait qu’un véritable croissant au beurre est composé à 25 % de beurre, on comprend aisément que cela aura un impact sur nos viennoiseries. Pas de panique, cependant, vous trouverez toujours du beurre dans les rayons de votre supermarché, mais il faudra être prêt à y mettre le prix.