Consommation Les ventes ont augmenté de 30 %, grâce aux hommes et à une meilleure qualité

L’été, ses apéros, ses barbecues… et son rosé, naturellement. L’apanage des femmes ? Plus aujourd’hui. "Le rosé est désormais autant consommé par les hommes que par les femmes" , selon l’expert en vins Frank Van der Auwera, interrogé par nos confrères de Het Laatste Nieuws. "Comme le cava et le champagne. Et surtout pendant la saison des barbecues, où les rosés constituent une excellente alternative aux rouges et aux blancs trop corsés."

Dans les grandes surfaces , l’attrait du rosé ne passe pas inaperçu. À chaque fois que le soleil pointe le bout de son nez, le rayon des vins rosés est pris d’assaut. "Cette année, le phénomène est encore plus marqué, pointe Baptiste van Outryve, porte-parole de Carrefour. En fait, la croissance est continue depuis plusieurs années. Même lorsque la météo n’est pas bonne, l’été est la période de l’année où le consommateur boit du rosé."

Et si l’engouement est tel, c’est aussi en grande partie dû à l’amélioration de la qualité des vins. "Il y a une dizaine d’années, on ne trouvait quasiment que des vins à peine buvables", poursuit Frank Van der Auwera. "Les grandes maisons ne voulaient pas perdre leur temps à élaborer des rosés et même les producteurs de vins du Nouveau Monde portaient peu d’intérêt à un vin consommé quelques mois par an à peine. Conséquence : le niveau de ce qu’on trouvait en rayons était très bas."

Aujourd’hui, la donne a changé. "Les techniques ont changé et on trouve même des rosés au-delà de 20 € la bouteille. La couleur et le goût des rosés ont bien évolué aussi. Jadis, ils devaient être d’un rose soutenu et avoir une saveur douce. Désormais, la couleur est bien plus pâle, virant vers le blanc. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne vend plus de mauvais rosés. Une bouteille commercialisée à moins de 6 ou 7 € est généralement de piètre qualité. Et il faut aussi éviter les vins ‘vieux’. Le rosé n’est pas fait pour être conservé. Il vaut donc mieux opter pour les récoltes les plus récentes."

Cette révolution se rencontre aussi du côté des champagnes. Alors qu’on écoulait à peine 800.000 bouteilles de rosé en 1989, on en vend désormais pas moins de 35 millions chaque année, soit 12 % de la production totale. Et les Belges en sont de plus en plus friands puisque la consommation a doublé l’an dernier, sans compter les achats effectués directement dans les caves champenoises.

Rosé is the new black

Avec une consommation en très forte croissance au cours des dernières années, le rosé attire désormais tous les regards. À commencer par celui des vignerons. Et toutes les régions s’y intéressent. Il faut dire que pour les vignerons, ce vin est intéressant à plus d’un titre. Et pas seulement parce qu’il séduit un public de plus en plus nombreux. En effet, il permet de gagner de l’argent rapidement. Ce n’est pas un vin de garde. Aussitôt vinifié, il peut être commercialisé. Et par les temps qui courent, lorsque la trésorerie se fait rare, le rosé est un excellent moyen de remplir les caisses.

Alors qu’il faut plus de deux ans entre les vendanges et la première commercialisation (hormis pour les primeurs) d’un vin rouge, certains vignerons font parfois face à des années de vaches maigres. Avec le rosé, même si ce n’est pas leur tasse de thé, ils peuvent s’assurer un revenu plus confortable et investir davantage. Reste que se lancer dans la production de rosé n’est pas un mince investissement en soi. Cuves réfrigérées pour une fermentation douce et autres matériels divers nécessitent, en moyenne, 200.000 euros pour 10 hectares de vigne….