Consommation Le Belge est loin d’adopter les bons comportements pour éviter les intoxications alimentaires.

C’est bien connu, la santé passe par une alimentation variée et équilibrée. Encore faut-il avoir conservé et manipulé correctement les aliments pour éviter les infections. Et justement, à ce niveau-là, le Belge n’adopte pas toujours le bon comportement pour éviter les infections alimentaires, selon la deuxième enquête nationale de consommation alimentaire évaluant les connaissances, attitudes et comportements des Belges en matière de sécurité alimentaire. L’étude, réalisée par l’Institut scientifique de Santé publique (ISP), a été menée auprès de 10.000 personnes.

Premier enseignement : il y a eu de quelques améliorations par rapport à la précédente enquête du genre datant de 2004. Par exemple, 98 % des Belges conservent les préparations froides à base d’œufs crus, comme la mousse au chocolat au réfrigérateur, alors qu’ils n’étaient que 91 %, dix ans auparavant.

Le Belge dispose cependant d’une belle marge de progression à plusieurs égards. Tel est le deuxième enseignement de l’enquête. "Le rapport dresse un bilan en demi-teinte de la situation en Belgique" , résume l’ISP. Par exemple, quatre Belges sur cinq ne lavent pas assez leur réfrigérateur. Et la moitié des Belges omettent de se laver les mains au savon après avoir manipulé de la viande crue, ce qui augmente le risque de contamination croisée.

Une meilleure connaissance et des pratiques appropriées vis-à-vis de la conservation, de la manipulation et de la préparation des aliments pourrait contribuer à réduire le nombre de toxi-infections liées à la présence de microbes dans les aliments, estime l’ISP. Rien qu’en 2014, pas moins de 370 infections de ce genre ont été notifiées en Belgique.

Décryptage des résultats de l’enquête avec l’aide du Dr Theresa Lebacq, expert à l’Institut scientifique de santé publique.


65% de la population a déjà mangé des produits périmés

Il s’agissait principalement de yaourt, de fromages blancs et de produits secs. Ces consommateurs risquent diarrhées, nausées et vomissement.  "Une fois que la date limite de consommation est dépassée, il y a un risque de toxi-infection" , rappelle Dr Theresa Lebacq de l’ISP.

Bon à savoir:

La  date de durabilité minimale  - accompagnée des termes  "à consommer de préférence avant (ou avant fin)…"  - est la date jusqu’à laquelle l’aliment conserve toutes ses propriétés s’il est stocké dans de bonnes conditions. Il peut néanmoins encore être consommé après cette date, s’il est conservé correctement et que son emballage n’est pas endommagé.

Pour les produits alimentaires hautement périssables (la viande et le poisson, par exemple), les fabricants doivent mentionner  une date limite de consommation , précédée des termes :  "à consommer jusqu’au…" . Au-delà de cette date, l’aliment doit être considéré comme étant dangereux pour la santé et ne devrait plus être consommé.


80% des Belges ne lavent pas assez souvent leur réfrigérateur

Alors que de nouveaux aliments y sont stockés puis retirés au gré des repas, le réfrigérateur constitue une source potentielle de contamination. Il est donc recommandé de le laver au moins une fois par mois avec de l’eau et du savon. Or, seulement 20 % de la population respecte cette recommandation, selon les résultats de l’enquête.


59% des Belges décongèlent leurs aliments de manière non sûre

Pour éviter les infections alimentaires, il existe trois méthodes de décongélation sûres : placer l’aliment dans le réfrigérateur; le décongeler au four micro-ondes ou le passer sous l’eau courante (attention, pas l’eau stagnante). En Belgique, seuls 41 % de la population utilisent l’une de ces méthodes systématiquement.  "Lors d’une décongélation à température ambiante, il y a un risque de multiplication des microbes qui se trouvent sur les produits. Au réfrigérateur, la multiplication est ralentie" , précise le Dr Theresa Lebacq.


90% de la population ne manipule pas correctement les œufs crus et la viande

Dans la cuisine, après avoir manipulé ces produits et avant de poursuivre la préparation d’un plat, il est essentiel de se laver les mains et de nettoyer les ustensiles (planche, couteau) avec du savon.  "Cela permet d’éviter le transfert de bactéries, de virus ou de parasite d’un aliment contaminé vers un aliment non-contaminé" , explique Dr Theresa Lebacq.

Très peu de Belges adoptent l’attitude recommandée. Par exemple, 19 % de la population se lave des mains avec du savon après avoir manipulé des œufs crus. Et 55 % de la population lave le couteau ayant servi à découper de la volaille crue correctement.

Dans les faits, beaucoup de Belges se contentent de s’essuyer les mains ou de les rincer à l’eau. Ils adoptent le même comportement vis-à-vis de la planche à découper ou des couteaux.


82% des habitants ne changent pas assez souvent l’huile de leur friteuse

En Belgique, un ménage sur trois prépare au moins une fois par semaine des aliments frits à la maison. Un type de cuisson peu recommandé car malsain. Mais ce n’est pas tout : 81 % des Belges qui utilisent une friteuse ne changent pas assez souvent la graisse ou l’huile de friture. Il faudrait normalement le faire après cinq ou six utilisations afin d’éviter la production de substances nocives pour la santé.


Des aliments trop ou pas assez cuits

Afin d’éviter les problèmes de santé, mieux vaut cuire correctement les aliments. Par exemple, baigner trop longtemps ses frites dans l’huile bouillante favorise la production d’acrylamide - substance considérée comme cancérigène. Pour limiter la production de cette substance, il est conseillé de sortir les frites lorsqu’elles ont une couleur jaune dorée. Mais seul 15 % de la population cuit ses frites selon cette recommandation. Les autres laissent baigner leurs frites trop longtemps dans l’huile bouillante, ce qui favorise le risque de cancer.

À l’inverse, la volaille est un type de viande qui doit être cuit suffisamment longtemps pour limiter les risques d’infections comme la campylobactiose, forme de gastro-entérite due à une bactérie. Or, 5 % de la population ne vérifie pas la cuisson de la volaille avant consommation.


Repères

- 82% de la population conserve  le pâté  acheté à la boucherie maximum 4 jours au réfrigérateur.

- 75% de la population conserve le  jambon cuit  acheté à la boucherie maximum 4 jours au réfrigérateur.

- 76% de la population conserve le  pâté préemballé  maximum 4 jours au réfrigérateur après ouverture.

- 72% de la population conserve le  jambon cuit préemballé  au réfrigérateur après ouverture.

- 75% de la population conserve la  charcuterie avec mayonnaise préemballée  (américain, salade de viande, etc.) maximum 4 jours au réfrigérateur après ouverture.

- 84% de la population se lave systématiquement les mains avant la préparation des repas.