Consommation Une spécificité et un savoir-faire typiquement belges, reflet du surréalisme de notre pays.

Si l’Horeca est à la peine depuis plusieurs années, le secteur des fritkots semble quant à lui plutôt épargné. D’année en année, le nombre d’établissements spécialisés dans la frite reste stable. "Il n’y a pas de véritable recensement, mais on estime qu’il y a entre 4.500 et 5.000 fritkots en Belgique", explique Bernard Lefèvre, président d’Unafri (Union nationale des frituristes).

Énorme pour un territoire comme la Belgique. Une spécificité aussi, désormais reconnue au patrimoine matériel de l’Unesco. "Cela peut paraître étrange, mais si l’on mange des frites un peu partout dans le monde, il n’y a qu’en Belgique que les fritkots sont installés. Quand on franchit les frontières, au-delà de Maastricht, du Luxembourg, de Lille ou de Valencienne, ce phénomène disparaît. C’est un peu comme s’il existait une appellation d’origine contrôlée pour les fritkots."

Alors, oser s’implanter à l’étranger avec le concept, c’est une prise de risque maximale. "Certains ont essayé, et ça peut marcher si le fritkot est présenté comme quelque chose d’exotique. Mais ce ne sera jamais un phénomène comme en Belgique. Ici, cela colle extrêmement bien à notre façon de vivre, à notre climat. On ne peut en effet imaginer un fritkot sur le bord de mer à la Côte d’Azur. Il y fait trop chaud, on n’aurait pas envie de manger des frites. Il faut aussi un matériel de qualité et des matières premières spécifiques. En Belgique, le tout est réuni."

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