Consommation Une récolte compliquée, et une demande qui explose : le coût du fruit s’envole.

Il n’y a pas qu’au barreau qu’un bon avocat va coûter de plus en plus cher. Le fruit de l’avocatier, truffé de bon gras, vit un épisode rarement vu d’explosion de son prix. Depuis le début de l’année déjà, les prix moyens au détail de l’avocat ont progressé de 40 % aux États-Unis !

Pourquoi ? Il s’agit d’un mélange de deux facteurs. Le premier, et le plus important : une récolte mondiale en (forte) baisse. Du côté de la Californie, sécheresse oblige, la production est attendue en recul de 44 %. Chez le premier producteur mondial, le Mexique (qui est aussi la terre natale de l’avocat), sa récolte chuterait de 30 %. Ici, c’est plus les conséquences de la grève (à l’automne 2016) des producteurs mexicains d’avocats, qui se font sentir. Au Pérou, en revanche, ce sont des inondations qui perturbent la production. L’Espagne ne suffit pas à combler ce déficit de production. Qui ne représente qu’une partie de l’équation du doublement du prix du fruit…

L’autre, c’est la hausse de la demande. La consommation américaine par habitant s’élevait à 1,6 kg en 2006 contre… 3,1 kg en 2015. Ce boom de popularité s’explique également, si l’on s’en réfère à un récent article de Bloomberg, parce que l’avocat est la coqueluche des… hipsters, qui en raffolent pour ses vertus diététiques, le consomment bio, et le partagent volontiers sur Instagram en compagnie d’un Golden Latte au Curcuma.

Reste que consommer de l’avocat est loin d’être sot : il est truffé de bonnes fibres, de bonnes graisses (environ 15 % dont 60 % d’acide oléique, l’omega 9), ne contient quasi pas de sucre et trois fois plus de minéraux que la plupart de ses compères fruitiers. En guacamole, sauce ou salade, foncez… tant que le prix reste abordable.