Consommation

Le spécialiste de l’ameublement en kit se lance enfin de la livraison à domicile

Le géant suédois de l’ameublement Ikea est quelque peu à la traîne en matière d’e-commerce. S’il permet bien de faire son shopping sur son site internet, le client doit encore se rendre dans un point de collecte pour retirer ses achats. Des points d’enlèvement situées dans les magasins de la chaîne, mais aussi chez Dockx ou dans certains City Depot.

Pour Ikea, cette frilosité s’explique aussi par le modèle de shopping développé. Rares sont en effet les clients qui se rendent dans un point de vente et n’en ressortent pas avec une kyrielle de petites choses qu’ils n’avaient pas l’intention d’acheter avant leur visite. Sans compter la restauration qui représente une activité quasi à part entière et qui a incité le Suédois à plancher sur des modèles de restaurants non adossés à ses magasins de meubles.

Mais à l’heure actuelle, ne pas proposer aux consommateurs d’effectuer tranquillement leurs achats dans leur canapé (Ikea, bien sûr), c’est se priver d’un canal de vente devenu incontournable.

Ikea a donc choisi un modèle alternatif, en ne proposant pas la vente en ligne sur son site, mais en permettant à des tiers de revendre ses produits. Ce sont donc d’autres entreprises qui se chargeront de livrer vos meubles en kit à la maison, comme par exemple les géants Amazon ou Alibaba, a déclaré le CEO d’Inter Ikea, Torbjorn Loof, dans une interview à l’agence Reuters.

L’enseigne espère de la sorte surfer sur le succès grandissant de l’e-commerce et rattraper son retard en la matière. Ne vous précipitez cependant pas sur Amazon et consorts dès aujourd’hui en espérant priver madame de sa sortie chez Ikea ce week-end, le service ne devrait être testé et mis en place que l’an prochain.

Si Ikea passe ainsi à la vitesse supérieure, c’est parce que “nous vendons nos produits uniquement sur notre site. Mais nous constatons que le paysage concurrentiel est en train de changer”, reconnaît Torbjorn Loof. Aucun contrat n’a encore été signé avec un tiers. “Je ne vais pas encore m’étendre sur les plateformes que nous testerons. Nous allons d’abord voir comment évolue la vente en ligne.”

Pour Ikea, dont la croissance des ventes en ligne a augmenté de 30 % l’an dernier (1,4 milliard d’euros), c’est donc une nouvelle perspective de forte croissance qui s’amorce, même si l’e-commerce ne pèse que pour 1,4 milliard d’euros sur un chiffre d’affaires global de 34,2 milliards.