Consommation Certaines des 29 références ne sont plus disponibles, suite à un conflit sur les prix.

Chez Colruyt, on se veut rassurant même si les négociations entamées avec le groupe PepsiCo ont mené à la pénurie de certaines des 29 références de l’industriel. "C’est un peu comme dans un mariage. Il y a parfois des disputes mais on va très bientôt se retrouver dans le même lit", assure, confiante, Hanne Poppe, porte-parole de Colruyt. "Les négociations se déroulent dans un bon état d’esprit mais il est clair que, pour le moment, cela a des répercussions sur nos approvisionnements."

Si le numéro 1 de la grande distribution en Belgique a entamé de nouvelles négociations avec PepsiCo, c’est avant tout pour pouvoir assurer à ses clients la garantie des prix les plus bas. "Mais nous voulons maintenir ces négociations portes fermées. Donc, nous n’en dirons pas plus."

Du côté des experts de la grande distribution, différents facteurs sont évoqués. "C’est surprenant d’assister à un tel blocage car la politique de Colruyt est généralement de ne négocier qu’une fois par an avec ses fournisseurs. Ils sont très durs en affaires et annoncent la couleur directement. Ils savent où ils veulent aller et quel prix ils sont prêts à payer. Comme ils ne renégocient pas en cours de route, c’est donc étrange que cela débouche sur un blocage."

Autre explication évoquée dans les couloirs, la grande concurrence sur les prix exercée par Alberth Hein, mais surtout Aldi, depuis l’introduction des marques chez le hard discounter allemand. "Plusieurs enseignes, qui référencent des marques depuis des années, sont repassées à la table des négociations depuis qu’Aldi propose des produits de marque. Pour eux, il n’était pas logique que le hard discounter obtienne des conditions préférentielles et puisse parfois vendre des produits moins cher que le prix auquel ils achètent ces mêmes produits. Cela n’a pas entamé de blocage, mais de sérieuses renégociations."

Enfin, après plusieurs années où Colruyt a maintenu voire augmenté sa part de marché, il n’en a pas moins vu ses marges rétrécir. "Il se peut que cela ne soit aujourd’hui plus acceptable et qu’ils se tournent vers leurs fournisseurs en leur demandant un effort. Après tout, il est logique que si le fournisseur a augmenté ses marges, le distributeur lui demande aujourd’hui de ne plus être aussi gourmand… "