Consommation

134 pages de graphiques, formules mathématiques et d’expertise financière : le rapport 2014 de l’Observatoire des Prix (ICN) est paru. Pas un best-seller en puissance, et un bien piètre compagnon de détente. Mais un formidable pont entre la sempiternelle mélopée qui traîne dans les cafés du commerce (le mot tombe à pic) et l’analyse professionnelle de doctes experts financiers. Qui se rejoignent, à quelques grosses nuances près, sur le même trottoir : Oui, tout augmente, ma petite dame !

Notre infographie ci-dessous, où sont épinglées les augmentations des prix de produits de tous les jours en 2013, l’atteste.

En 2013, l’inflation totale en Belgique s’est établie en moyenne à 1,2 %, contre 2,6 % en 2012. Un ralentissement significatif, explicable, surtout, par la baisse des prix énergétiques (électricité, gaz naturel, carburants et mazout de chauffage), qui a représenté une diminution des prix concrète de -4,6 %.

En revanche, toujours en comparaison avec l’année 2012, le consommateur a payé 3,2 % de plus pour les produits alimentaires transformés. Quant au rythme de progression des prix des produits alimentaires non transformés, il s’est accéléré pour atteindre en moyenne 4,4 % en 2013, les fruits affichant des taux d’inflation élevés, notamment au deuxième trimestre 2013 (16,9 %) marqué par une météo rude. Fraises, poires, pommes; mais aussi choux et patates, par exemple, explosent. Le steak et le poulet rôti ont également coûté plus cher.

Pour court rappel, l’inflation est un phénomène économique (surtout monétaire) marqué par une hausse continue et générale des prix.

Le rapport se fait également révélateur d’une autre tendance : le consommateur belge est régulièrement grugé, par rapport à ses voisins. Il a dépensé en moyenne, en 2012, 11,7 % de plus qu’un consommateur néerlandais, 8,6 % de plus qu’un Allemand et 6,5 % de plus qu’un Français pour des produits de la vie de tous les jours. Grandes lignes de force qui expliquent ce phénomène : la petitesse géographique de notre marché, les prix d’achat et les coûts salariaux élevés, sans omettre la TVA.

Alexis Carantonis