Consommation La consommation a été multipliée par 4 ou 5 chez nos opérateurs nationaux

Le 15 juin 2017, l’horizon mobile des Européens changeait profondément: après moult tentatives de la Commission européenne, contrecarrées par un lobbying âpre des opérateurs du Vieux Continent, les frais de roaming des télécommunications passaient enfin à la trappe. À l’avant-veille de la rentrée, et même si la météo de ces dernières 48 heures continue à diffuser un léger parfum de vacances, l’heure est à un premier bilan.

Chez Base-Telenet, même si l’on attend les chiffres consolidés, "nous avons pu constater une nette évolution des usages de nos clients à l’étranger, surtout en ce qui concerne le data: par rapport à la même période l’année dernière, on constate que le trafic data est 5x plus élevé. La tendance est également à la hausse pour les appels et SMS mais dans une moindre mesure." Coralie Miserque, porte-parole, nuance. "Il faut préciser que l’on se trouve en pleine période estivale et que donc, il est normal que la tendance soit particulièrement marquée. Nous ne pouvons pas encore dégager de tendance générale, sans cet effet saisonnier".

La mort des frais de roaming est récente, certes, mais elle entraîne déjà une hausse des usages, du moins data, universelle. "La tendance est à une multiplication du nombre de Gigas consommés par nos clients cet été par quatre, à ce stade", nous indique Annelore Marynissen, pour Orange. Elle est du même acabit chez Proximus, qui attend lui aussi de croiser ses données estivales avant de communiquer de manière plus prolixe.

Pour une vision à plus long terme, on scrutera les données issues de l’opérateur Scarlet, filiale de Proximus.

Anticipant la mort des frais de roaming d’un an, Scarlet a en effet plus de recul que ses compères. Or, en un an, l’usage du mobile data a été multiplié chez cet acteur par plus de quatre, alors que 80% du roaming enregistré par ses clients émanait de trois pays: France, Pays-Bas et Luxembourg.

Alexis Carantonis