Consommation

Depuis 2008 et la dégringolade à grande vitesse des prix de l’immobilier espagnol, le marché des potentielles secondes résidences a suscité de facto un intérêt notable dans le chef de pas mal d’investisseurs étrangers. Timides au départ, ils se sont enhardis et multipliés. En 2014, après 22 trimestres en recul, la tendance sur les prix s’est inversée. Cette année-là, la hausse est restée discrète (moins de 2 % pour l’ancien, moins de 1 % pour le neuf). En 2015, elle a été plus marquée : + 6,6 % des prix moyens, neuf et ancien confondus. Les observateurs s’attendent à ce qu’elle se poursuive à hauteur de 5 % cette année 2016.

Sans toutefois stopper le bel élan des étrangers, celui des Belges en tous les cas. Selon les statistiques officielles des bureaux d’enregistrement espagnols, le nombre de compatriotes qui ont acheté une seconde résidence en Espagne a continué d’augmenter légèrement : 2 870 en 2014, 2 907 en 2015 (+ 1,3 %). C’est quand même près de huit achats par jour !

Destination Costa Blanca et Costa del Sol

Si on y ajoute les achats effectués par les autres étrangers, ce sont, chaque jour, près de 130 biens qui sont vendus en Espagne à des non-Espagnols, contre près de 850 à des Espagnols. Les Britanniques sont largement en tête (21,34 % du poids des étrangers), suivis par les Français (8,72 %), les Allemands (7,33 %) et… les Belges (6,26 %). Qui sont, au regard de leur population, les plus fans des fans, devant les Norvégiens et les Irlandais. "L’Espagne est et reste le pays le plus populaire pour les Belges qui désirent acheter une seconde résidence", confirme Marleen De Vijt, CEO de l’agence belge Azull. Une agence, dont le cœur de métier se situait dans le marché du neuf sur les Costa espagnoles, mais qui a peaufiné sa spécialisation en rachetant, en février dernier, son homologue Immo Espana, versée dans l’existant. "Avec une nette préférence pour la Costa Blanca et la Costa del Sol", poursuit-elle. Question de prix - la Costa Brava, les Baléares et les Canaries sont plus chères -, de climat et d’accessibilité : "La saison est moins longue qu’aux Canaries, ajoute-t-elle, mais on y profite de 15°C et plus, même en hiver, à 2h-2h30 en avion de la Belgique." Et d’évoquer un prix minimum de 150 000 euros pour un appartement neuf avec vue sur mer, et de 120 à 130 000 pour de l’ancien.

Spacieux et confortables

Si les Belges ne sont que quatrièmes en nombre, ils sont, d’après Azull, premiers en exigences. "Ils n’achètent pas une simple seconde résidence, poursuit Marleen De Vijt. Plus que n’importe quels autres étrangers, ils investissent dans de nouvelles constructions." C’est le cas de 30 % d’entre eux, bien au-delà de la moyenne pour les étrangers qui tourne autour de 22 %.

Ils sont également exigeants en termes de confort, d’aménagement - en modifiant au besoin celui qui est prévu par le promoteur - et de surface. "Quasiment la moitié des Belges ont opté pour un bien de plus de 80 m². Et plus d’un quart (27,6 %) a même dépassé les 100 m². Seuls les Néerlandais ont réalisé un meilleur score, puisque 45 % d’entre eux ont acheté un logement de plus de 100 m²."