Consommation

Parmi les décisions adoptées cette nuit dans le cadre des travaux budgétaires, le gouvernement fédéral a décidé d'ouvrir le marché belge des télécoms à un quatrième opérateur de téléphonie mobile. 

Cette ouverture se fera au printemps 2019 à l'occasion de la mise aux enchères de fréquences, à la fois existantes et nouvelles. Le gouvernement Michel espère en retirer un montant total de 700 millions d'euros.

Cette ouverture, fortement défendue depuis quelques semaines par Alexander De Croo (Open VLD), ministre en charge des Télécoms, car convaincu que l'arrivée d'un quatrième opérateur contribuera à faire baisser les tarifs, n'est pas du tout du goût des trois opérateurs existants (Proximus, Telenet et Orange Belgium).

Dans une première réaction à l'accord de cette nuit, le groupe Proximus, dont l'Etat est toujours l'actionnaire majoritaire, exprime d'ailleurs son vif mécontentement. "Nous regrettons cette décision, car elle permettra à un nouvel opérateur d’entrer sur le marché belge à des conditions disruptives", explique Proximus par voie de communiqué. Pour l'opérateur historique, si l'entrée d'un quatrième opérateur fera baisser les prix pour le consommateur à court terme, elle aura également des "conséquences immédiates" pour la qualité du réseau et la rentabilité du secteur, "ce qui mettra inévitablement sous pression les investissements dans le réseau et l’emploi dans le secteur des télécommunications en Belgique".

Le cabinet De Croo apporte des précisions


Si un quatrième opérateur télécom veut se lancer en Belgique, il pourra dans un premier temps utiliser les réseaux existants de Telenet, Proximus et Orange via un système de "roaming national", a confirmé mardi le cabinet du ministre des Télécommunications Alexander De Croo.

Pour qu'un nouvel opérateur soit concurrentiel, ses services doivent être offerts sur tout le territoire. Mais la mise en place d'un réseau suppose de lourds investissements. Pour l'aider à se lancer, le futur candidat aura temporairement accès aux infrastructures de ses concurrents. Dès qu'il couvrira au moins 20% du territoire, par exemple dans les grandes villes, il pourra recourir au roaming national: les GSM de ses clients se connecteront automatiquement à l'antenne la plus proche, quel que soit son propriétaire.

D'après l'IBPT, qui a récemment publié une étude d'impact, un quatrième acteur ne devrait "a priori pas déployer de réseaux 2G et 3G", mais il devrait bien déployer à la fois un réseau 4G et un réseau 5G.

L'année prochaine, les fréquences mobiles vont être mises aux enchères pour les 20 prochaines années. En plus des fréquences actuelles, dont les licences expirent en mars 2021, de nouvelles fréquences seront proposées, notamment pour l'utilisation de la 5G à partir de 2020.

L'IBPT a confirmé mardi qu'une entreprise avait clairement manifesté son intérêt pour devenir le quatrième acteur du marché belge. L'instance refuse de donner un nom, mais beaucoup parlent du groupe français Iliad, qui vient de lancer une filiale en Italie où ses prix cassés ont déjà séduit un million d'utilisateurs en à peine deux mois.