Consommation Les différences de prix peuvent être très importantes.

Le commerce transfrontalier ne s’est jamais aussi bien porté, au grand dam de la grande distribution belge.

Il est vrai que la décision du gouvernement Michel d’augmenter les accises sur l’alcool a encore élargi le différentiel de prix entre la Belgique, le Luxembourg ou encore la France.

Les professionnels du secteur ont tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises : les consommateurs qui se rendent à l’étranger ne se contentent pas d’acheter de l’alcool. Ils en profitent pour remplir leur caddie.

C’est compréhensible, tant les différences de prix peuvent être importantes : taxes plus élevées, coûts salariaux supérieurs ou encore pouvoir d’achat auprès des fournisseurs plus limité sont les raisons avancées pour expliquer ces écarts.

Des écarts qui peuvent d’ailleurs se révéler impressionnants avec nos voisins d’outre-Quiévrain.

Les différences de prix sont bien entendu à relativiser pour certains produits. Les huîtres des uns et des autres ne sont pas de qualité équivalente. Difficile aussi de comparer d’autres mets que l’on retrouve généralement sur les tables à Noël : foie gras ou encore saumon se déclinent en dizaines de propositions différentes. Il y a par exemple plus de 30 références de saumon fumé de la marque Labeyrie chez Carrefour France.

Il n’y a toutefois rien de plus semblable qu’un Boursin au poivre acheté à Louvroil (Maubeuge) et un Boursin acheté à Mons. À la caisse, pourtant, ce n’est pas vraiment la même chose : vous le paierez 1,29 voire 1,58 euro à la caisse des supermarchés français, alors que l’addition sera bien plus salée en Belgique, de l’ordre de 2,56 euros. C’est aussi le grand écart sur le roquefort Société : de 13,73 euros le kilo en France - parfois plus - à près de 40 euros le kilo en Belgique.

Le conditionnement peut aussi brouiller les pistes. Le paquet de 700 grammes de raclette Entremont Saveur d’Antan revient à 10,36 euros le kilo en France et à 17,29 euros le kilo en Belgique, mais dans un conditionnement de 350 grammes.

Il y a encore les produits qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais ont des noms différents à une lettre près. Le plateau de fromages de chèvre Aperivrais Saveurs provençales ressemble ainsi furieusement au plateau Aperifrais St-Morêt Saveurs provençales vendu en Belgique, le premier à 1,60 euro, le second à 2,69 euros. Aperivrais est fabriqué par la société Savencia, dont l’une des marques est St-Morêt.

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Les prix mentionnés dans ce tableau ne correspondent pas à l’ensemble de l’offre proposée de part et d'autre de la frontière : selon l’enseigne et le packaging, le kilo de Leerdamer, fabriqué aux Pays-Bas, va de 8,50 à 12,50 euros le kilo en France, soit un dernier prix assez équivalent à celui pratiqué dans la grande distribution belge, où les écarts de prix peuvent également être importants.

La Belgique peut parfois être plus intéressante, notamment pour les Tuc Orignal si vous en achetez six paquets : le prix tombe alors à 60 cents le paquet de 100 grammes.

Surtout, de solides promotions peuvent rebattre les cartes : les folders Carrefour, Delhaize, Lidl, Intermarché, Match… publiés à l’occasion des fêtes de fin d’année fourmillent de promotions sur le saumon, le foie gras ou encore les huîtres. Nous en parlons ci-contre.

De quoi réaliser des économies même si, au final, la France est et reste globalement moins chère que la Belgique à la caisse des supermarchés.