Consommation On y est : les frais d’utilisation de son mobile dans l’Europe disparaissent cette semaine. Mais les pièges persistent...

Les faire-part de décès ont déjà été envoyés. Et l’émissaire n’est pas celui qu’on croit. Si les frais de roaming (ou d’itinérance) seront abolis ce 15 juin (dès ce dimanche pour Orange et lundi 12 pour Proximus), ce n’est pas un cadeau que les opérateurs vous font, mais le fruit d’un loooong travail de la Commission européenne.

Qui prouve, au passage, qu’elle peut encore faire fléchir de puissants lobbys et se rendre concrètement utile dans le quotidien de ses 500 millions d’administrés.

Le roaming des télécommunications mobiles, c’est l’ensemble des communications mobiles réalisées par l’intermédiaire d’un réseau étranger. Autrement dit, les appels, SMS, MMS et surf mobile effectués depuis un pays étranger. Pendant très longtemps, ce roaming a eu un coût, ou plutôt un surcoût. Totalement abusif il y a quelques années encore, où il finançait une large partie des investissements des opérateurs. Puis, l’UE s’est attaquée à la vache à lait, et en a vidé le pis petit à petit. À défaut de le supprimer totalement, elle a, jusqu’ici, procédé par diminutions annuelles des plafonds des tarifs. Mais là, c’est enfin la bonne : les frais de roaming mourront, par force de loi, pour tous les Européens, au plus tard jeudi.

C’est une excellente nouvelle : fini de couper la 4G sur votre smartphone dès que vous passez la frontière, plus besoin de chercher frénétiquement un hotspot Wi-Fi à l’étranger comme un junkie qui aurait besoin de son shoot d’Internet.

Plus la peine de compter les secondes lorsque vous passez un coup de fil sur la plage, terminée l’attente fiévreuse de la facture du retour de vacances. Vous utiliserez désormais votre smartphone, au sein de l’UE, exactement comme vous le feriez en Belgique. 10 minutes d’appel depuis la France, vers n’importe quel pays de l’UE, diminueront tout simplement de 10 minutes celles qui sont incluses dans votre abonnement ou votre crédit d’appel (pour les clients prépayés).

Pour autant, la mort "de cette taxe d’un autre âge" , dixit Marc Tarabella, eurodéputé PS en charge de la défense du consommateur qui a travaillé sur le dossier, n’est pas la panacée rêvée. Plusieurs pièges et incongruités persistent. La plus grosse ? Les appels vers l’étranger, et leur surcoût, restent bien de vigueur. Il y en a d’autres, même si l’Europe dit "veiller à éviter que les opérateurs se vengent sur d’autres facturations."

Pour lever le voile sur un dossier où règne encore beaucoup de flou, nous avons analysé dix situations types...

Nos 10 conseils 1. Y a-t-il des pays “pièges” ? Oui !

Explications : La Suisse, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, l’Ukraine, le Bélarus, la Russie, les îles Féroé, la Géorgie, l’Arménie, la Macédoine, la Moldavie et les micro-États comme le Vatican, Andorre, Monaco ou Gibraltar ne font pas partie du package disparition des frais de roaming dans l’UE. Gare ! Prudence aussi vis-à-vis de certains pays du reste du monde, comme la Tunisie : les opérateurs locaux ayant rompu les accords avec leurs homologues étrangers, un appel depuis la Tunisie s’affiche au tarif aberrant de… 6 € la minute!

2 . “Je suis en Belgique et je téléphone avec mon mobile belge à mon oncle, situé en Italie. Quid ?”

Vous payez jusqu'à 1,05€/min.

Explications : vous effectuez, dans ce cas, une communication internationale, un appel vers l’étranger. Ce n’est pas du roaming, et c’est facturé, chez Proximus, à 1,05 € par minute si vous appelez un numéro mobile, et 0,75  €/m. sur un fixe. Chez Orange, c’est 0,90 € la minute (fixe ou mobile). Et chez Base, le moins cher des trois géants, la minute est facturée à 0,65 €. Le SMS est lui aussi sujet à surfacturation de 0,40 € (chez Proximus), qu’il soit envoyé ou reçu.

3 . “Je quitte la Belgique, mais je reste en Europe. Je peux enfin laisser ma 4G activée ?” Oui  !

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