Consommation Le prix du cacao a augmenté de 60 % ces deux dernières années.

Et si le chocolat devenait un jour un produit de luxe ? La question se pose actuellement. Deux des leaders mondiaux dans la fabrique de chocolat ont exprimé leur inquiétude. L’américain Mars Inc et le suisse Barry Callebaut sont très inquiets quant à l’évolution de la production mondiale de cacao.

Les prix flambent depuis quelques années. L’Organisation internationale du cacao vient aussi de produire une étude. Ses données sont accablantes. Le monde consomme 70.000 tonnes de cacao en plus de ce qu’il est capable de produire.

Les raisons qui expliquent cette hausse brutale du prix de la précieuse graine sont nombreuses. "Il y a tout d’abord une fameuse augmentation de la demande de la part des économies émergentes", note le professeur Mergeai, spécialiste de la question à Gembloux Agro-Biotech (ULg). La Chine est en tête de cette course. Près de 34 % du chocolat vendu dans le pays est du chocolat noir (qui demande plus de cacao à sa fabrication), contre à peine 7 % en 2008.

Autre explication et pas des moindres, les cacaoyers sont victimes d’un virus qui nuit à la production des graines. Il faut dire que 40 % de la production mondiale de cacao provient de la Côte d’Ivoire. "Cette bactérie est très néfaste pour les cacaoyers. Pour la contrer, il faut arracher l’arbre malade afin d’éviter la propagation", précise le professeur Mergeai.

De nouvelles variétés de cacaoyers sont actuellement plantées dans la région. Ils sont plus résistants et permettent d’avoir un meilleur rendement (jusqu’à trois fois plus de graines). Malheureusement, la qualité du cacao n’est pas au rendez-vous.

La question essentielle reste l’impact sur les prix des tablettes de chocolat à la caisse. Pour le moment, l’industrie du chocolat belge a décidé de ne pas augmenter ses prix.

Le cacao n’est pas le seul composant à entrer dans la recette du chocolat. Le prix dépend aussi du coût de la main-d’œuvre et des autres matières premières (lait, sucre…).

Mais la situation risque de se détériorer rapidement si la terre continue à manger plus de chocolat que ce qu’elle peut en produire.