Consommation Le cablô opérateur flamand lorgne plus que jamais vers la partie francophone du pays

C’est une entreprise que nous, francophones de Belgique, connaissons trop peu. Trop mal. Forcément : jusqu’ici, Telenet, c’était essentiellement en Flandre qu’elle faisait valoir ses services (seuls les francophones de 7 communes bruxelloises peuvent s’engager avec le câblo-opérateur flamand). Mais tout cela va changer. D’ailleurs, lorsqu’on aborde la question avec elle, Ann Caluwaerts, Senior Vice President Corporate Affairs de l’entreprise détenue pas Liberty Global, est formelle : "Telenet est déjà un véritable opérateur national !"

Bref rappel des faits : Telenet a commencé à voir plus grand que la Flandre via Bruxelles. Il y détient un tiers du marché, SFR (ex-Numericable, ex-Coditel) et Brutélé (Voo) possédant le reste. Sauf que Telenet est sur le point de devenir le cablô le plus puissant de la capitale, puisqu’il a racheté SFR pour 400 millions fin 2016 et est donc en passe (dans l’année à venir) d’être distribué dans 13 communes bruxelloises sur 19. En Flandre, Telenet a régné seul sur le câble coaxial jusqu’à l’arrivée récente de Mobistar/Orange, qui est l’un des seuls opérateurs au monde que le cadre régulatoire national a autorisé à monter sur les infrastructures de concurrents (Voo dans le sud du pays, Telenet dans le nord). Sur le fixe, donc essentiellement en Flandre, Telenet pèse 2 millions de clients. Plus 3 millions dans le mobile.

Le mobile , justement. Telenet y est venu. Tard, et par la bande, mais venu quand même. Depuis 2009, Telenet Mobile est disponible à l’échelle nationale (ce que très peu de Wallons savent), via le réseau de Mobistar/Orange. Telenet a eu le mérite, notamment avec les offres King et Kong et quelques-unes des premières offres de vente couplées du pays, de dynamiser le marché mobile malgré sa petite taille. En 2018, toutefois, plus question de passer par le réseau d’Orange. C’est que Telenet, en faisant main basse sur Base en 2015 pour 1.325 milliards d’euros, a enfin acquis ce réseau mobile qu’il lui manquait tant! L’ambition ? "Nous sommes en ce moment en train de mettre à niveau le réseau mobile de Base pour qu’il atteigne la qualité que les clients attendent de la marque Telenet. Nous injectons 250 millions d’euros dans ce réseau, personne ne fait autant. D’ailleurs, Telenet investit en 2017 22 % de son chiffre d’affaires. Chez Proximus, c’est 16 %." Proximus qui staffe 14.000 personnes, quand Telenet en emploie 3.300, personnel repris de Base inclus.

En 2018 , on ne devrait ainsi plus parler de réseau Base, mais de réseau Telenet. Ce qui ne veut pas dire que la marque Base est condamnée à disparaître : "Certainement pas. Mais il est trop tôt pour dire précisément la façon dont nous allons la positionner…"

Telenet a fait des études de reconnaissance en Wallonie. "Les résultats nous ont surpris. Telenet est plus reconnu en Flandre que ce que l’on imaginait. Même si en Flandre, nous pouvons nous permettre de communiquer avec notre seul logo. Dans le sud du pays, nous devons encore y adjoindre l’appellation Telenet."

Pour vraiment devenir cet opérateur national, full convergent, il faudrait que Telenet - qui a symboliquement quitté ses quartiers malinois pour installer son siège dans les anciens locaux de Base, à Bruxelles - rentre un jour dans les maisons wallonnes. "Ce n’est pas à l’ordre du jour, mais ce n’est pas improbable non plus. Voo n’est pas à vendre, mais s’il devait l’être un jour, Telenet sera le premier au bout du fil…"