Consommation

Trois nouvelles destinations viendront s'ajouter au réseau de Thalys en 2019: Marne-la-Vallée (Disneyland Paris), l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle et Bordeaux, a annoncé mardi l'entreprise ferroviaire. Celle-ci investira par ailleurs 55 millions d'euros dans le renouvellement du design intérieur de ses rames entre 2019 et début 2022. L'offre tarifaire évoluera, quant à elle, en septembre prochain avec des billets en classe premium mais à prix réduits. Dans les années à venir, Thalys misera tant sur le numérique que sur ses ambitions de société "pleinement européenne". Le premier trimestre 2018, "très positif" avec une hausse du trafic de 8,8%, a permis à l'entreprise de conclure le premier semestre dans le vert (hausse de 4,7% du trafic et de 2,8% du chiffre d'affaires) malgré les grèves ferroviaires en France.

Celles-ci ont tout de même réduit de 20% les capacités de maintenance (opération qui se divise entre Forest et Paris) et de 8% celles de circulations des rames, insiste Agnès Ogier, l'administratrice déléguée de Thalys. "Le plan de transport entre Paris et Bruxelles a été légèrement revu afin de détendre cette maintenance."

La route entre les capitales belge et française a précisément renoué avec la croissance, avec un trafic en augmentation de 4,5% au 1er trimestre, soutenue par le low-cost Izy (+5,9%). Ce dernier segment profitera d'une augmentation de capacité de 4% et de nouveaux horaires dès la fin de l'année, davantage axés sur l'après-midi pour la clientèle loisirs. Les routes "allemande" (+8%), malgré d'importants travaux au-delà de Cologne, et "néerlandaise" (+16%) progressent également.

"La dynamique de croissance est forte et la demande est importante. Nos trains sont dès lors bien remplis", se félicite la directrice française.

Le réseau s'étendra l'an prochain pour une société qui se veut avant tout "européenne", elle qui est présente dans quatre pays. D'abord en avril avec Roissy-Charles de Gaulle et Marne-la-Vallée, juste à côté du parc d'attractions Disneyland Paris, dans l'Est parisien. Deux destinations déjà desservies par les TGV de la SNCF. Les temps de parcours depuis Bruxelles avoisineront 1h30 et Thalys table sur 300.000 voyageurs à terme.

"Le tissu économique y est très dense. Nous proposerons aux voyageurs de s'y rendre directement plutôt que de passer par Paris intra-muros", justifie Agnès Ogier.

Ensuite, Bordeaux viendra s'ajouter à ces destinations, mais uniquement durant l'été 2019, à raison d'un train par semaine dans chaque sens le samedi (4 heures de voyage). Il s'agit là d'un nouveau 'Thalys Soleil', qui dessert déjà Marseille (4h50) durant la saison estivale actuellement, équivalent hivernal des 'Thalys Neige', qui prennent la direction des Alpes.

Ce réseau perdra par contre sa liaison entre Lille et Amsterdam, qui n'a pas rencontré les attentes. "Le taux de remplissage n'y était que de 20 à 25% en moyenne, même avec de petits prix. Ce choix s'imposait", déplore l'administratrice déléguée.

Depuis la refonte de l'offre tarifaire l'an dernier, le taux d'occupation global des trains a augmenté, permettant de proposer davantage de prix réduits. Près d'un tiers des billets coûtent ainsi moins de 40 euros. Dès septembre, un billet 'Premium Mini' permettra aux voyageurs loisirs de profiter des services de cette gamme de voyageurs à un moindre prix, à condition de voyager à deux et de renoncer à la flexibilité.

Toujours au mois de septembre, l'entreprise se dotera d'un nouveau site internet et d'une nouvelle application mobile. Le digital est l'un des aspects sur lesquels elle mise et misera dans les années à venir. "La mobilité évolue énormément ces dernières années grâce à cela, notamment en matière d'autopartage. C'est donc un défi supplémentaire", relève Agnès Ogier. "Il faut également ajouter l'impact du télétravail."

Enfin, dès le 2e semestre 2019, Thalys débutera le renouvellement intérieur de ses rames. Un travail que l'on doit au designer flamand Axel Enthoven et qui permettra d'augmenter de 7% la capacité des trains. Un déploiement qui s'achèvera en 2022. Les nouveaux wagons permettront d'embarquer des vélos classiques, et non plus seulement des versions pliables comme actuellement, mais aussi d'augmenter de 15% la place pour les bagages.