Consommation La TVA sur les dons force les enseignes à détruire la marchandise.

Lorsqu’une enseigne ne parvient pas à écouler son stock, elle n’a bien souvent pas d’autre choix que de jeter et détruire les marchandises non vendues. Si la TVA a été supprimée pour les dons de denrées alimentaires (sous certaines conditions), elle reste d’application sur le non alimentaire, ce qui coûte beaucoup d’argent aux enseignes qui détruisent dès lors en quantité des articles pourtant en parfait état.

L’association Goods to Give milite dès lors pour que cette exemption de TVA ne soit plus limitée aux denrées alimentaires mais à l’ensemble des dons. Goods to give redistribue des produits d’hygiène personnelle, des produits d’entretien ou encore des produits pour l’enfance.

Lorsque l’on sait qu’une chaîne de vêtements détruit chaque année quelque 1.800 pièces pour une valeur d’environ 30.000 euros ou qu’une grande chaîne de produits électro détruit quant à elle pour pas moins d’un quart de million d’articles invendus, il y a là un gaspillage assez inconcevable pour l’association, d’autant qu’environ 2 millions de Belges vivent sous le seuil de pauvreté.

Du côté politique, Marc Tarabella, eurodéputé PS, porte le dossier depuis de nombreux mois, tout comme il fut pionnier dans le combat pour la suppression de la TVA sur les dons alimentaires. "Chaque année, de nombreux vêtements sont détruits. Une partie est recyclée mais plus de la moitié va directement vers les incinérateurs. Les marques de mode optent pour la destruction pour deux raisons : pour préserver leur image et ne pas perturber le marché mais, dans certains pays, pour éviter aussi de payer la TVA."

Et Marc Tarabella de s’indigner qu’aux Pays-Bas, par exemple, "on parle de plus d’1,2 million de vêtements par an et cette tendance est la même à travers l’Europe. En décembre, comme je le fais chaque année, j’interviendrai auprès de la Commission européenne pour sensibiliser sur le gaspillage alimentaire mais aussi le gaspillage vestimentaire, moins connu mais tout aussi scandaleux. Donner les invendus et être solidaire doit être encouragé et non pas sanctionné comme c’est trop souvent le cas".