Consommation

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce produit lancé en 1998…

BRUXELLES Cela paraît simple à première vue. Le gagnant final du Win for Life 3.000, dont le tirage est prévu ce soir, recevra 3.000 euros par mois à vie.

De là à imaginer que la Loterie Nationale mettra chaque mois la main à la poche pour verser ces 3.000 euros, il n’y a qu’un pas, assez logique, à franchir.

Pourtant, le mécanisme financier du produit Win for Life est bien plus compliqué qu’un simple versement mensuel : âge du gagnant, table de mortalités et futures participations bénéficiaires sont les maîtres mots du Win for Life, lancé à la fin des années 90.

Et ce n’est même pas la Loterie Nationale qui verse, chaque mois, cet argent ! “La Loterie n’est pas une société d’assurance. Dès lors, elle ne peut pas prendre d’engagements sur la vie, explique Francis Balthazar, directeur financier de la Loterie. Il faut pour cela être assureur. Nous pourrions l’être. Mais nous devrions adapter notre structure.” Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Or la philosophie du Win for Life est justement un engagement à verser une rente à vie à la personne qui présente un billet gagnant. C’est pourquoi la Loterie confie à une compagnie d’assurance le soin d’organiser le paiement de cette rente.

Pour les quatre prochaines années, c’est Allianz qui a, fin 2009, décroché le contrat à l’issue d’un appel d’offres obligatoire, puisque la Loterie Nationale est une entreprise publique.

Divers critères sont analysés. Il y a bien entendu le capital à verser par la Loterie pour garantir cette rente à vie au vainqueur du jour. Ce capital varie d’une compagnie à l’autre en fonction de la table de mortalité utilisée, mais aussi du taux minimum garanti proposé.

Plus le taux garanti est élevé, moins le capital à débourser par la Loterie est élevé. Avec la baisse des taux, la Loterie sent d’ailleurs la différence lorsqu’elle doit passer à la caisse. Or les sommes à verser pour chaque gagnant sont élevées.

Il faut, en moyenne, tabler entre 500 et 600.000 euros par gagnant pour lui assurer une rente à vie.

Pour l’année 2009, il y a eu par exemple 22 gagnants, soit un capital à verser de plus de 11 millions d’euros.

À lui seul, le gagnant du Win for Life 3.000, dont le tirage est prévu ce soir, coûtera plus de 800.000 euros en capital à la Loterie. “Il faut compter que nous versons environ 270.000 euros en capital par tranche de 1.000 euros de gain”, note le directeur financier de la Loterie. D’autres critères sont pris en compte, comme l’importance des frais de gestion et le service offert.

C’est un actuaire indépendant qui passe en revue les diverses offres et remet un avis transmis au comité de direction de la Loterie.

L’offre la plus intéressante ne décroche pas forcément le gros lot. “Nous ne sommes pas obligés de prendre le moins cher”, précise Francis Balthazar.



© La Dernière Heure 2010