Immobilier Hausse des transactions, hausse des prix, sauf à Bruxelles pour les maisons. Et pour 2018 ? Hausse des prix et hausse des taux des crédits à l’horizon.

L’immobilier a une fois de plus volé de record en record au cours de l’année 2017 : record du nombre de transactions et record global pour les prix moyens d’une maison ou d’un appartement, selon le baromètre des notaires portant sur l’année dernière.

Record du nombre de transactions, tout d’abord.

La hausse à l’échelle nationale a été de l’ordre de 0,8 % par rapport à 2016, qui détenait le précédent record. Par Région, le mouvement est loin d’être uniforme: hausse de 1,1 % en Flandre et de 0,7 % en Wallonie, mais légère baisse de 0,2 % à Bruxelles.

"Le nombre record de transactions immobilières a certainement un lien avec l’optimisme croissant des Belges : le nombre de nouveaux emplois est en augmentation, le nombre de néo-entrepreneurs continue de grimper, les entreprises existantes investissent massivement", explique Renaud Grégoire, au nom de la Fédération des notaires.

Pour les prix , la hausse est de 2,5 % pour les maisons, pour un prix moyen de 240.451 euros et de 2,5 % également pour les appartements, pour un prix moyen de 215.440 euros. Une hausse somme toute modérée au regard de la hausse de l’inflation de 2,13 % sur l’année 2017. Les propriétaires se sont donc un peu enrichis et les vendeurs ont obtenu un prix légèrement plus intéressant que l’évolution du coût de la vie.

Comme toujours, il y a de fortes inégalités dans les Régions. La plus forte hausse des prix pour une maison est à mettre à l’actif de la Wallonie, où le prix moyen a augmenté de 2,7 % à 183.445 euros.

L’habitat wallon reste, et de loin, le plus abordable financièrement. Le prix moyen d’une maison en Flandre est de 266.928 euros, en hausse de 2,6 %. Bruxelles-Capitale est de loin la Région la plus chère : 429.689 euros en moyenne, en dépit d’une baisse de 2,5 % sur les douze derniers mois.

Pour les appartements, la hausse la plus importante est également en Région wallonne : de l’ordre de 3,4 % pour un prix moyen de 172.367 euros, contre +3,2 % à Bruxelles (234.736 euros) et +2,3 % en Flandre (220.266 euros).

Les maisons restent en tout cas le bien le plus prisé dans les achats immobiliers : quelque 73,1 % des biens résidentiels vendus l’an dernier étaient des maisons. "Pour les jeunes, un appartement est la première étape dans le monde de l’immobilier. Plus tard, ils passent souvent de leur appartement vers une maison", commente encore Renaud Grégoire.

Et pour l’avenir ? La hausse des prix de l’immobilier devrait se poursuivre, selon Iain Cook, administrateur d’ERA Belgium. "L’économie tourne à plein régime, le taux hypothécaire est plus bas que jamais et les droits d’enregistrement ont été réduits… Tout est donc en place pour une augmentation de la demande et donc, des prix", estime-t-il, même si plusieurs éléments vont calmer le jeu. La bonne santé de la Bourse pourrait convaincre des investisseurs en quête de rendement de se tourner vers les actions plutôt que les maisons.

Par ailleurs, "les taux d’intérêt hypothécaires augmenteront progressivement", note encore l’administrateur d’ERA Belgium. La hausse des taux limitera à terme la capacité des ménages à emprunter, ce qui pourrait conduire à une pression sur les prix.

Ils pourraient faire appel à l’équipe. "De nombreux emprunteurs ont bénéficié de soutien financier familial", relève Renaud Grégoire. L’argent ne rapportant rien à la banque, de nombreuses personnes sont enclines à aider leurs enfants dans l’acquisition d’un bien".

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