Immobilier Les changements de fiscalité ont pesé sur le marché de l’immobilier.

C’est une première depuis 20 ans, épinglée par Julien Manceaux, senior economist chez ING Belgique : les mensualités des remboursements des nouveaux crédits hypothécaires sont en baisse. "Les ménages se sont donné un peu d’air" , commente l’auteur du dernier ING Focus sur le marché immobilier belge.

Il y a plusieurs raisons à cela. La baisse des taux bien entendu, qui, contre toute attente, s’est encore poursuivie en 2015. "Cette nouvelle baisse de taux historique n’était pas vraiment attendue." Au plus bas de 2015, la baisse était de 1,20 % par rapport à 2014 pour un crédit à taux fixe de plus de 10 ans.

Une telle baisse aurait dû faire bondir les prix de l’immobilier de 9 à 10 % : les prix ont en effet tendance à s’adapter à la capacité d’emprunt des ménages. Or, il n’en a rien été. Dans l’attente de statistiques officielles qui se font attendre, ING table sur une augmentation des prix entre 2,5 % et 4 % en 2015.

Comment expliquer ce décalage ? La réforme de la fiscalité immobilière, désormais entre les mains des régions, est passée par là.

Acheter une habitation n’est plus ou ne sera plus aussi intéressant sur le plan fiscal, la différence entre l’ancien et le nouveau système pouvant se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros sur toute la durée du crédit.

L’impact s’est fait sentir l’année dernière en Flandre, où la nouvelle mouture fiscale est entrée en vigueur le 1er janvier 2015.

Le changement intervenu depuis le début de cette année en Wallonie devrait induire une tendance négative sur les prix. "C’est l’impact du choc fiscal."

A Bruxelles, les prix des habitations devraient sans doute être à la hausse en 2016. "Il y aura sans doute une demande de personnes qui voudront anticiper la modification de la fiscalité à partir de 2017", note Julien Manceaux. " Un bonus fiscal moins favorable et une attente moins forte sur la croissance future des salaires ont sans doute poussé les ménages à opter pour des mensualités plus faibles."

Beaucoup de monde s’interroge aussi sur l’évolution future des taux, qui finiront bien par remonter un jour. " Il est très peu probable que l’on retrouve les taux d’avant la crise", estime le senior economist d’ING Belgique.

Une remontée est toutefois attendue à l’horizon 2017-2018, lorsque la Banque centrale européenne (BCE) aura terminé d’inonder le marché de liquidité. Le taux fixe de référence pour les crédits de plus de 10 ans devrait alors passer de 2 à 2,50 %.

Encore loin des 5,5 % de 2009 pour un fixe 20 ans…