Immobilier Faire bâtir ou rénover sa maison est une source de dispute.

Si devenir propriétaire est un rêve pour la majorité des Belges, c’est aussi une épreuve dont les couples ne ressortent pas indemnes. Ainsi, dans son analyse du marché immobilier, Maison Blavier a sondé les couples sur l’incidence que la construction a sur leur relation. Si un maître d’ouvrage sur deux estime que le chantier de construction ou de rénovation a permis de mieux connaître le partenaire, un sur cinq a ressenti une pression telle qu’elle le dissuaderait de recommencer. Pire, un sur quatre a connu des disputes fréquentes, surtout à propos du budget (21 %), des couleurs et des styles (18 %). Pour certains, l’aventure s’est même très mal terminée puisqu’elle a conduit un couple sur dix à la rupture.

Mais au-delà des tensions, ce qui préoccupe davantage le secteur, c’est le vieillissement de la population. D’ici 2050, il y aura une explosion des personnes de plus de 67 ans, et même de plus de 85 ans. "Le produit va donc devoir s’adapter à cette évolution démographique", explique Stefan Hallez, nouveau directeur général de la division clé sur porte de Maison Blavier.

De vieillissement, il en est aussi question lorsqu’on se penche sur le parc immobilier belge. "Fiscalement, un bien immobilier est amorti au bout de 30 ans", développe Louis Amory, administrateur-délégué du groupe. "Cependant, on constate que le parc immobilier est très vieux. Il met jusqu’à 142 ans en Wallonie pour se renouveler. Il y a cependant un marché pour la (re)construction neuve. Mais malgré des indices positifs (confiance du consommateur élevée, taux bas…), la perspective sur le long terme est inquiétante. Comme le prix de la construction a augmenté, principalement à cause des nouvelles normes énergétiques (environ +10 %), les ménages belges ne peuvent plus acheter. Le rêve de la villa 4 façades sur un terrain de 1.200 mètres carrés est révolu. À l’avenir, les parcelles vont se réduire et il y aura un effet sur le prix des terrains à bâtir en zone rurale. C’est là que l’effort devra être fourni pour permettre aux candidats bâtisseurs d’avoir accès à la propriété."

Louis Amory espère aussi que l’administration va redoubler d’efforts pour réduire les délais d’obtention des permis de bâtir. "En Flandre, il faut en moyenne 60 à 80 jours pour obtenir un permis. Mais en Wallonie, cela grimpe jusqu’à 6 mois. Pour relancer le secteur de la construction, il est impératif que ces délais baissent."

De même, Louis Amory dénonce les incitants peu équitables entre l’ancien et le neuf. "Il y a un régime de TVA différent (6 % pour l’ancien, 21 % pour le neuf). Les exigences PEB ne sont qu’informatives en cas de rénovation mais contraignantes lorsqu’on construit. Quant au permis, il n’est qu’éventuel pour l’ancien et obligatoire pour le neuf. Sans parler des primes quasi inexistantes dans notre secteur mais encore largement répandues pour la rénovation. Cela conduit à inciter le Belge à acheter un bâtiment et à le rénover, souvent très coûteusement, sans pour autant parvenir à la même efficience énergétique que le neuf, plus intéressante pour le portefeuille et l’environnement. Raser et reconstruire pourrait être plus intéressant si le gouvernement proposait des incitants."