Immobilier

L’année 2016 fut un grand cru pour l’immobilier. Le nombre d’acquisitions a augmenté de plus de 12%, la construction neuve a surperformé avec une hausse de 33%. Et les prix ont aussi enregistré une belle évolution (+3,3%), dans un marché que certains jugeaient plutôt indécis. L’occasion de faire le point sur le secteur et ses perspectives pour 2017 avec John Romain, directeur général d’Immotheker Finotheker.

Comment peut-on expliquer cette dynamique du marché de l’immobilier?

"Les taux bas expliquent bien entendu en grande partie cet engouement pour l’acquisition d’un bien. Les moyens propres et la hausse des salaires y contribuent aussi. Mais au-delà de ces facteurs, il est aussi important de constater que la durée de l’emprunt a fortement chuté. Entre 2005 et 2007, la durée moyenne était de 24 ans. Elle n’est plus que de 21 ans et 7 mois. En 2011, 30% des emprunts couraient même sur 30 ans, une proportion ramenée à 8% cette année. Si la durée de l’emprunt a baissé, la hausse des prix ne vient pas de là. Elle vient en grande partie de la baisse des taux. En 2008, on dépassait encore les 5% en fixe sur 20 ans. Aujourd’hui, on avoisine les 2%, soit une baisse de 3%. Or, on sait qu’une baisse des taux de 1% se traduit par une hausse des prix de 10% (NdlR: donc +30% depuis 2008. De même, sur 10 ans, les revenus ont augmenté de 30%. Avec 30% provenant des taux en baisse de 3% et 30% de l’accroissement des revenus, la plus-value immobilière s’élève donc à 60% en 10 ans."

Ne risque-t-on pas, dès lors, d’atteindre une bulle immobilière qui risque d’exploser?

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