Immobilier La plus forte hausse de ces dix dernières années, selon le SPF Economie.

On n’a de cesse de répéter que les prix de l’immobilier ont atteint des sommets en Belgique et que seul le maintien des taux planchers permet encore l’acquisition d’un logement. Toutefois, malgré une certaine stabilité des taux, le prix d’une maison ordinaire au premier semestre s’élevait en moyenne à 220.920 euros, soit une hausse de 6,3 % par rapport à la même période en 2016.

La hausse s’est faite quelque peu moindre en ce qui concerne les villas, qui ont augmenté de 5,3 % sur cette période de référence, et nettement plus contenue dans les segments des appartements (+1,7 %), avec des prix s’établissant respectivement à 362.829 euros et 225.171 euros.

C’est en tout cas ce qu’il ressort des chiffres du SPF Economie, qui observe que la hausse ayant frappé le prix des maisons ordinaires est la plus forte enregistrée au cours des dix dernières années. "Depuis 2010, les prix de l’immobilier n’ont cessé de progresser, bien que cette augmentation se soit ensuite affaiblie pour à nouveau se renforcer à partir de 2015 tant pour les maisons d’habitation et les villas que pour les appartements", précise le SPF.

L’année passée, les prix moyens avaient augmenté de 4,3 % pour les maisons ordinaires, de 2,6 % pour les villas et de 1,2 % pour les appartements.

Ces hausses (et les prix) ne sont bien entendu pas les mêmes en fonction des régions. Ainsi, en Wallonie, une maison d’habitation ordinaire coûtait en moyenne 160.578 euros au premier semestre 2017 (+4,7 %) tandis que le prix d’une villa atteignait 290.557 euros (+6,9 %) et celui d’un appartement, 179.620 euros (+2 %).

En Flandre, les prix s’affichaient à 233.382 euros en moyenne pour une maison d’habitation ordinaire (+4,2 %), à 381.590 euros (+3,8 %) pour une villa et à 229.442 euros (+0,6 %) pour un appartement.

Quant à la région de Bruxelles-Capitale, elle reste la plus onéreuse avec un prix moyen de 404.385 euros pour une maison ordinaire (+0,7 %), de 951.584 euros (-0,7 %) pour une villa et de 235.859 euros (+0,5 %) pour un appartement.

Quant au palmarès des communes les plus chères, c’est désormais Ixelles qui occupe la première place, avec un prix moyen de 651.000 euros pour une maison ordinaire, devant Lasne (562.700 euros) et Etterbeek (531.827 euros). Si vous êtes à la recherche des biens les plus accessibles, c’est vers Quaregnon (83.077 euros), Boussu (88.988 euros) et Viroinval (92.163 euros) qu’il vous faudra effectuer vos recherches.

La brique, cible des investisseurs

Si l’on se réfère uniquement aux chiffres du SPF Economie, on est en droit de se dire que les Belges qui ont acheté une maison il y a un an ont fait une excellente affaire, avec une plus-value estimée à 6,3 %. La réalité du terrain est cependant tout autre car, concrètement, espérer vendre une maison avec une telle plus-value effectuée en un an est tout bonnement impossible.

Pour autant, les données du SPF Economie ne sont pas fausses. Il faut juste savoir que, pour déterminer le prix d’une maison ordinaire, le SPF enregistre l’ensemble des transactions effectuées durant une période déterminée et divise le montant total généré par les ventes de bien immobiliers par le nombre de transactions. Ainsi, s’il s’est vendu davantage de biens à un prix élevé, le montant moyen de la transaction sera plus élevé. C’est donc un indicateur du marché, mais non un reflet fidèle de l’évolution des prix.

Il n’empêche que l’immobilier reste une valeur sûre en Belgique, une valeur refuge même pour certains. Un placement de bon père de famille, qui ne perd en principe pas de sa valeur au fil des ans. Mais pour les investisseurs, l’âge d’or de la rentabilité semble révolu.

Et ceux qui investissent dans la brique ont encore tendance à surévaluer les rendements possibles. Ainsi, selon une étude menée par Investr, la plate-forme en ligne à destination des investisseurs et candidats-investisseurs en immobilier, ils ne sont que 28 % à juger correctement qu’un rendement immobilier est inférieur ou proche de 3 %, alors qu’ils sont 27 % à penser qu’il s’approche des 5 %, et même 16 % à rêver d’un rendement égal ou supérieur à 8 %.

Malgré tout, les Belges sont nombreux à investir ou à songer à investir dans l’immobilier.

"Les investissements dans l’immobilier vont encore gagner en popularité", selon Frédéric Vandenhende, CEO d’Investr. Pour preuve, selon les calculs de la plate-forme, un logement sur cinq, appartement ou maison, vendu aujourd’hui l’est à un investisseur qui le mettra en location. Sur le marché du neuf, le poids des candidats-bailleurs est encore plus important : près de 50 %; presque un logement sur deux !