Immobilier

Le prix de location des logements petits et bon marché progresse plus rapidement que celui des logements spacieux et plus chers, constate l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) dans une étude publiée jeudi. 

Les loyers plus importants ont même tendance à rester stables, voire à diminuer. Cette dynamique pèse davantage sur les publics précaires. L'autorité statistique de la Région wallonne a réalisé son étude, la première du genre, en croisant les annonces d'Immoweb avec les données tirées de l'enregistrement des baux, afin d'analyser en détail le marché locatif résidentiel en Belgique. Les détails fournis par la plate-forme d'annonces immobilières permettent de compléter en partie les données des baux enregistrés, qui ne couvrent pas la totalité du marché locatif.

Ce croisement des données révèle que les loyers des petits logements bon marché, souvent destinés aux ménages les plus précaires, augmentent plus rapidement que les loyers des logements plus chers et plus spacieux. Ces derniers ont même tendance à baisser, ajoute l'Iweps. En Wallonie, le prix moyen pour un appartement d'une chambre sur Immoweb a progressé de 14% entre 2006 et 2016, alors qu'il a diminué de 11% pour les maisons d'au moins quatre chambres.

Le prix des logements mis sur le marché locatif (annonces et nouveaux baux) est également largement supérieur au loyer actuellement payé par les locataires (baux en cours) et aux montants des allocations sociales, constate encore l'étude. "Cela peut expliquer la détresse, relayée par le monde associatif, des publics précarisés qui à un moment donné doivent trouver un logement", analyse l'autorité statistique.

L'Iweps constate aussi des différences géographiques dans le montant des loyers. Ils sont plus importants à proximité de centres, comme Bruxelles ou Anvers. Les grands logements sont plus fréquents dans les communes riches du centre du pays, les petits appartements se trouvent davantage dans les centres-villes et les petites maisons dans les zones rurales plus pauvres.

"Quand on prend en compte l'effet des types de logements, on a l'impression que l'axe centre-périphérie a plus d'influence sur les prix que celui du niveau de richesse de la population", poursuit l'Iweps. "Les loyers sont plus importants dans les communes pauvres centrales que dans les communes riches périphériques." Ce constat pourrait pousser les populations précarisées et les locataires à quitter les centres, en particulier Bruxelles, pour des zones périphériques.

L'institut a par ailleurs élaboré un loyer standardisé à partir des données d'Immoweb, afin de faciliter les comparaisons malgré la variation de l'offre en fonction des communes. Le résultat souligne l'influence des pôles économiques bruxellois et luxembourgeois sur le prix des logements à louer et tend à amoindrir les écarts de prix entre communes. "Une partie de ces écarts provient donc de différences dans la répartition des types de logements proposés à la location dans les communes", ajoute l'Iweps.