Immobilier Si les arnaques sont en baisse, elles sont loin d’avoir disparu.

Au début des années 2000, le time-sharing avait le vent en poupe. Sous les belles promesses d’un faible investissement, on vous faisait miroiter un quota de semaines au soleil. Mais, comme souvent, en petits caractères dans le contrat, les pièges étaient nombreux. Autant d’arnaques dont ont été victimes de nombreux vacanciers belges.

L’Europe a alors repris les choses en main pour baliser plus fermement le cadre juridique de ce type de ventes. Ce qui n’empêche pas les Centres européens des consommateurs (CEC) de voir encore les plaintes affluer. Ce sont surtout les techniques de vente, souvent agressives et parfaitement rodées, qui font l’objet de réclamations. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ces vendeurs aguerris vous font signer un contrat en apparence très attrayant mais qui vous engage sur le long terme sans que vous vous en rendiez réellement compte.

Dénommés tantôt time-shares, tantôt semaines en temps partagé ou encore clubs de vacances, ces contrats ont tous pour point commun de promettre aux consommateurs de leur faire économiser de l’argent sur leurs futures vacances. "Les consommateurs réalisent rarement qu’ils s’engagent pour plusieurs années (parfois 50 ans). Par ailleurs, cette industrie attire beaucoup de sociétés malintentionnées qui cherchent à piéger les consommateurs", pointe le CEC.

La législation établie en 2008 a fort heureusement remplacé une version bien trop laxiste auparavant. Elle couvre presque tout ce qui se rapporte de près ou de loin au time-sharing (time-share classique, contrat de vacances longue durée, contrat de revente et d’échange, etc.)

Outre une information précontractuelle plus complète (permettant aux consommateurs de savoir réellement à quoi ils s’engagent), un délai de rétractation de 14 jours ainsi que l’interdiction de tout paiement avant la fin de cette période ont été instaurés. Concernant les contrats de revente, cette interdiction de paiement ne se limite pas aux 14 jours mais s’étend jusqu’à ce que la revente soit effective En gros, pas de revente, pas de paiement.

Mais les sociétés actives dans le time-sharing rivalisent d’ingéniosité pour la contourner.

"Cette législation s’applique toutefois uniquement aux contrats d’une durée minimale d’un an. Certaines sociétés proposent des formules alambiquées pour échapper à cette législation. En effet, de nombreux consommateurs se sont vu proposer deux contrats distincts dont le premier (pour lequel le montant principal était exigé) ne durait qu’un an (par ex : 4 semaines de time-sharing) et dont le second (pour lequel un montant minime était exigé) était illimité dans le temps."

Par ailleurs, tous les aspects du contrat de time-sharing ne sont pas abordés par la législation européenne. Comme pointé dans le rapport du réseau des CEC, les consommateurs rencontrent de nombreuses difficultés pour mettre fin à leurs contrats.

Au final, le time-sharing est rarement un investissement intéressant. En outre, ce secteur se caractérise par un nombre important d’arnaques, notamment en matière de revente. Le marché de la revente est quasi inexistant. Or, de nombreuses sociétés font croire le contraire aux consommateurs et n’hésitent pas à convaincre ces derniers de leur verser une importante somme. Avant de disparaître dans la nature…

Pour éviter aux consommateurs de tomber dans les pièges que leur tendent les sociétés de time-sharing, le CEC Belgique met à leur disposition une brochure gratuite, Time-sharing en Europe, disponible sur www.cecbelgique.be