Immobilier Le smart thermostat est, cette année encore, l’un des objets clés de Batibouw, qui ferme ses portes aujourd’hui.

Test grandeur nature avec la Rolls du genre. Avec sa bouille ronde, son alu poli, sa tripotée de capteurs et son design fignolé, il a réussi la prouesse de transformer le thermostat, interface de commande vieille comme le monde, pas toujours clair, et absolument pas sexy chocolat, en un objet désirable et parfaitement connecté.

Il, c’est le thermostat Nest, du nom de la start-up dédiée à la maison intelligente et connectée chèrement rachetée par Google himself. Beaucoup lui courent derrière aujourd’hui : que ce soit chez Honeywell, Vaillant, Netatmo, Engie, Eni (qui commercialise Anna), et on en oublie beaucoup.

Le Smart Learning Thermostat de Nest en est déjà à sa troisième génération. Débarqué en Belgique il y deux bonnes années avec une solide réputation derrière lui, il reste une large frange de la population qui s’interroge : quel est l’intérêt d’avoir un thermostat connecté ?

Après dix mois passés avec un Nest 2 et deux petits mois avec un Nest 3, nous voilà en mesure d’apporter quelques éléments de réponse…

L’installation

Nul besoin d’être ingénieur pour installer soi-même le système de contrôle de chauffage Nest chez soi. Néanmoins, la marque recommande de passer par un installateur certifié qui, contre une septantaine d’euros, et durant une heure grand maximum, mènera l’opération à bon port.

Une seule étape pourrait donner du fil à retordre à celui qui n’a pas quelques notions basiques d’éléctronique : la connexion (toujours filaire) entre votre chaudière et le boîtier Heat Link. Ce boîtier, fourni avec le thermostat Nest, est en fait l’interface entre le thermostat et votre chaudière.

Le thermostat, en lui-même, se place nettement plus aisément : soit, s’il vient en lieu et place d’un ancien thermostat mural, en se branchant aux mêmes câbles électriques (brun et bleu, phase et neutre) de l’ancien système.

Sinon, il peut très bien se contenter d’une simple alimentation par câble micro-USB et chargeur prise fourni. Il aura, alors, juste besoin d’une prise à portée et d’un socle, malheureusement vendu à part, pour prendre ses quartiers chez vous. Le reste de l’installation s’effectue directement depuis le thermostat : connexion à votre réseau wi-fi, fournisseur d’énergie, tout se passe ici.

Simple et intuitif : on comprend, d’emblée, que la bague rotative de l’engin est très bien pensée.

Les débuts

Le principe, et l’exclusivité du thermostat Nest, c’est qu’il est capable de se gérer tout seul comme un grand. C’est-à-dire d’étudier vos habitudes pour s’autoprogrammer lui-même. Aquaponey le mercredi de 14 h à 18 h ? Oubliez la plage de programmation : Nest aura vite fait de comprendre la routine de votre absence à ce créneau-là ! Le tout via des capteurs de présence couplés à un algorithme plutôt costaud.

Après un an d’usage, nous sommes formels : ce système d’auto-apprentissage est très efficace. Et en perpétuelle évolution, qui plus est. Il faut juste s’armer de patience durant les premières semaines, le temps que le système apprenne à vous connaître.

Il est, évidemment, toujours possible de programmer des plages de chauffe depuis son PC ou l’appli Nest. À l’ancienne.

Les atouts

Objet attirant l’œil et discret à la fois, le thermostat Nest est aussi design que bien étudié. Sa capacité à se fondre dans tous les intérieurs un minimum modernes est son premier bon point.

Son second, et le plus important, est sa possibilité de contrôle à distance. Via une application pour smartphone ou tablette ou depuis un PC, à tout moment, et de partout dans le monde (du moment qu’il y ait une connexion Internet), vous pouvez activer ou couper votre chauffage mais aussi monter ou descendre la température désirée.

Fini le stress du départ en vacances alors qu’on ne sait plus si on a coupé le chauffage… Un resto qui s’est éternisé Pareil deux clics sur l’app Nest et il fera doux chez vous avant même que vous n’ayez garé la voiture…

Ce contrôle à distance peut sembler superflu. Après quelques semaines, il devient vite indispensable…

Le troisième gros atout de Nest, c’est son emballage logiciel. C’est propre, simple et très bien suivi. La feuille Nest, qui s’affiche à chaque fois que vous atteignez un nombre d’heures de chauffe économique, est très efficace. Comme les mails mensuels de votre bulletin de chauffe.

Mais le top, c’est la technologie même embarquée dans le thermostat les fonctions vraie radiance (qui, tenant compte de votre installation, de la météo externe, de votre isolation, etc. fait en sorte que vous ayez la température exigée exactement quand vous le demandez), pare-soleil - si votre thermostat est exposé aux rayons du soleil, il est capable de le comprendre et de ne pas se laisser biaiser par ce paramètre - humidité intérieure - très pratique, en Belgique, nous devons nous situer entre 35 et 65 % max. d’humidité relative - devraient être incluses dans tous les thermostats…

Les inconvénients

Le premier, c’est le prix de l’engin. 249 €, hors installation par un pro. Et sans socle. Un prix tellement coquet qu’il nous fait dire que Nest ne doit sérieusement s’envisager que si vous ne disposez pas encore de thermostat, qu’au contraire il s’agit d’une antiquité (ou d’un outil que vous ne parvenez pas à maîtriser). Il est aussi parfait pour une construction neuve.

Mais remplacer un thermostat classique, fonctionnel et pas trop vieux par un Nest est un luxe.

Second souci : le thermostat Nest ne tient pas ses promesses d’économie d’énergie. On s’en doutait un peu, mais on est loin des "jusqu’à 30 %" d’économies d’énergie promises par an. Mais 12 % de diminution, dans notre cas, c’est déjà pas si mal.

Précisons, par objectivité, que le Nest n’est pas la seule cause de cette baisse. Le passage d’une température d’ambiance de 20 à 19,5 degrés n’y est pas étranger non plus.

Le verdict

Le thermostat connecté ne changera rien, ou si peu, à la santé de vos finances. Mais il apporte un confort d’usage indéniable, surtout avec le contrôle à distance, depuis un smartphone. Il faut toutefois relativiser ses promesses d’économies d’énergie. Sa plus-value est plus dans l’usage qua dans le portefeuille. En tout cas, pour nous, l’essayer, c’est l’adopter.