Prix energie

Si les énergies vertes ont le mérite d’exister, il semble que les entreprises qui choisissent ce créneau n’ont assurément pas à le regretter en termes de rentabilité.

Et comme un exemple concret vaut mieux que de longs discours, nous avons choisi au hasard une société anonyme (notre volonté n’étant pas de stigmatiser une entreprise par rapport à une autre, nous avons choisi de ne pas la citer) installée à Perwez (Brabant wallon) dont la rentabilité est assez exceptionnelle. Jugez plutôt : lors de la création de cette société, l’investissement de base s’élevait à 8.782.205 €. Cette société a reçu un subside de la Région wallonne s’élevant à 1.135.847 €. En 2012, les bénéfices cumulés de cette société s’élevaient à 7.571.932 €, soit un retour moyen sur investissement de 567,90 %.

Loin de nous l’idée de reprocher à ces nombreuses sociétés éoliennes de gagner de l’argent. C’est plutôt la subsidiation via de l’argent public qui nous interpelle. En effet, l’existence des primes à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement et de l’utilisation durable de l’énergie conduit à un effet d’aubaine qui ne manque évidemment pas d’intéresser un très (trop) grand nombre d’entreprises désireuses du coup d’investir dans l’éolien par exemple.

Si on ajoute à cela les certificats verts payés pour chaque kWh produit (environ 74 €) par les éoliennes et qui sont impactés sur la facture énergétique des Wallons et des Wallonnes, on peut évidemment se demander si ce système est encore nécessaire.

Chose amusante, les primes wallonnes sont possibles pour tout opérateur qui désire investir dans l’éolien, par exemple, à l’exception des électriciens.

Comme l’avaient annoncé de nombreux observateurs à l’époque de la polémique qui touchait le coût astronomique du photovoltaïque pour les ménages wallons, il semble donc que l’éolien suive le même principe. À l’heure où la grande enquête publique wallonne pour l’implantation de nouveaux parcs éoliens vient d’être lancée, on peut considérer que cette information fait tache.

Et lorsqu’on voit le nombre de projets éoliens en Wallonie, on constate que manifestement le secteur intéresse nombre d’entreprises. Un secteur en surrentabilité qui devrait peut-être être revu avant la fin de la législature, au risque de refiler la patate chaude au prochain gouvernement.