Prix energie

La proposition des ministres Wathelet et Vande Lanotte de baisser la TVA sur l’électricité de 21 à 6 % n’est assurément pas une idée nouvelle. Philippe Defeyt de l’Institut pour un développement durable (IDD) et président du CPAS de Namur (Ecolo) rappelle que cette idée avait déjà été avancée en janvier 2008.

En sa qualité d’économiste, il se propose d’éclairer le débat. Manifestement, l’homme ne trouve pas que cette idée soit bonne. Il développe : "La facture moyenne des ménages belges en 2013 est estimée par l’IDD à 850 €/an. La consommation totale des ménages belges est estimée à 4 milliards €. Le passage de 21 % à 6 % de la TVA sur l’électricité rapporterait aux ménages 500 millions €/an, soit en moyenne une augmentation de 0,22 % de leur revenu disponible."

Notre interlocuteur a divisé les ménages en cinq catégories, en fonction de leurs revenus. La catégorie la plus pauvre verrait sa facture annuelle baisser en moyenne de 75 € et de 6 € chaque mois. La catégorie la plus aisée verrait sa facture baissée de 136 € par an et 11 € par mois. "Pour les petits revenus, on ne peut pas dire que ce soit le pactole ni une révolution. Et comme me le signalait un économiste, on ne tient pas compte de la future tarification progressive qui sera à l’avenir d’application en Wallonie. Les petits revenus y gagneraient encore moins."

Philippe Defeyt propose, si le gouvernement veut dépenser 500 millions €, de les affecter à d’autres politiques : "Les 500 millions que coûte cette mesure permettraient l’ouverture de 26.000 lits/places dans le secteur des maisons de repos (soit une augmentation de l’offre de 20 % environ) avec à la clé environ 13.000 emplois en équivalents temps plein."

Il propose encore qu’avec cette somme on puisse améliorer le quotidien de 50 % de la population : "Les 50 % autres pour cent voient quand même la vie de manière plus cool. Les 500 millions que coûte cette mesure permettraient d’augmenter le revenu disponible de 50 % de la population d’environ 200 €/an et ceux des 20 % les plus pauvres de 300 €/an ou 25 €/mois. Soit l’équivalent d’une indexation sur le bien-être."