Prix energie

Les plus gros fournisseurs d’énergie installés en Belgique en ont ras le compteur de devoir payer aux gestionnaires de réseaux et aux autorités publiques des montants qu’il n’ont pas reçu de leurs clients. Voici, en substance, le message porté par la plus grosse fédération du secteur, la Febeg. En clair, les fournisseurs n’acceptent plus de porter l’entièreté de charge des mauvais payeurs alors que la part de l’électricité dans la facture représente selon les régions entre 1/5e et 1/3e du montant total facturé au client résidentiel.

Comment ça marche ? Le fournisseur envoie la facture au client. Si le client ne paye pas, le fournisseur doit quand même payer la quasi-totalité du montant aux différents opérateurs régulés ou aux pouvoirs publics. Seule la cotisation fédérale et la TVA ne doivent pas être payées. Aux fournisseurs, ensuite, d’aller chercher l’argent chez les clients. "Cette problématique de défaut de paiement constitue une charge énorme pour les fournisseurs", avance le porte-parole de la Febeg Stéphane Bocqué.

"Les fournisseurs doivent assumer des postes qui ne dépendent pas d’eux. En réalité, on travaille pour le compte de tiers, on prend le risque pour les autres. Et nous devons payer les gestionnaires de réseau et de transport quoi qu’il arrive. Les cinq plus gros fournisseurs membres de notre fédération (Engie-Electrabel, EDF Luminus, Eni, Essent) ont amorti définitivement pour 74 millions d’euros d’impayés en 2014."

Ce montant comprend 38 millions d’euros pour la partie énergie et 36 millions d’euros pour les frais de réseaux de transport et de distribution, taxes et prélèvement payés par le fournisseur aux tiers.

Un coût très élevé donc. Mais aussi une influence sur l’image de marque. "Le fournisseur devient le porteur de mauvaises nouvelles alors que sa part réelle dans la hausse du prix de l’énergie est très réduite, regrette de son côté Marc Van den Bosch. Nous ne sommes pas contre la facture unique. C’est la méthode la moins chère et la plus efficace pour le client final. Mais de nombreux clients assimilent l’augmentation de la facture au fournisseur alors que nous ne sommes que la courroie de transmission."

Que demande la Febeg ? "On espère une meilleure répartition du risque. Sur le long terme, on voudrait une facture qui se concentre plus sur la composante énergi et comporte moins de prélévements et obligations de service public."Sans grand espoir puisque les discussions sur ce sujet, permanentes avec le monde politique, rencontrent peu d’échos. "Elles sont alertées par les conséquences sur notre secteur mais il n’y a pas encore de solution."

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