Travail Près de 620 millions d’euros ont été octroyés sous forme de bonus liés aux résultats en 2015.

En 2008, lorsqu’a été introduite dans la loi belge la possibilité de verser un "avantage non récurrent lié aux résultats", près de 3.400 entreprises en avaient fait usage. En 2015, ce nombre avait plus que doublé, pour atteindre 7.500, selon les toutes dernières données fournies par la Direction générale Relations collectives de travail du SPF Emploi.

Forcément, le nombre de salariés qui touchent ces bonus a augmenté, lui aussi. En 2015, à chaque trimestre, entre 95.000 et 275.000 travailleurs ont reçu un bonus . Tout aussi logiquement, les sommes versées ont progressé, elles aussi. Le montant total payé en bonus collectif en 2015, à l’échelle du pays, dépassait les 619 millions d’euros, contre 526 millions en 2014.

Ces bonus, pour rappel, consistent en des avantages liés aux résultats collectifs d’une entreprise, octroyés lorsque sont atteints des objectifs précis et mesurables et dont la réalisation n’est pas garantie à l’avance. Il peut s’agir d’un chiffre d’affaires, d’un taux d’absentéisme… Si l’objectif est atteint, le bonus salarial doit être accordé à tous les travailleurs de l’entreprise ou à un groupe bien défini de travailleurs.

Tout bénéfice

Afin de ne pas inciter les employeurs à déguiser une simple augmentation de salaire en bonus collectif, la loi prévoit que les objectifs fixés ne peuvent pas être trop facilement atteints. Mais l’interprétation de ce point est très large. Les employeurs n’hésitent dès lors pas à y recourir.

Qu’est-ce qui explique ce succès croissant ?

D’abord, les avantages financiers qu’il procure. En effet, le bonus salarial est soumis à un régime de faveur, tant sur le plan social que sur le plan fiscal. Tant qu’il ne dépasse pas le montant de 3. 219 euros (chiffre 2016), le bonus est exempté de cotisations sociales personnelles et patronales (hormis la cotisation spéciale de sécurité sociale). De même, pour le travailleur, le bonus est exempté d’impôts à concurrence de 2.798 euros par an.

Autre élément d’explication de cette success-story, le fait que, au contraire du salaire proprement dit, du pécule de vacances, des 13e et 14e mois ou des chèques repas, ces bonus collectifs ne sont pas concernés par la modération salariale imposée par les derniers gouvernements. Autrement dit, ces dernières années, si un employeur veut récompenser collectivement ses collaborateurs, l’octroi d’un bonus lié aux résultats se révèle la seule option, qui plus est socialement et fiscalement intéressante. Et comme la modération salariale se poursuit en 2016 (0,5 % brut + 0,3 % net) et pourrait bien se prolonger au-delà, le bonus salarial collectif a encore de beaux jours devant lui.