Travail Ils sont sans cesse plus nombreux à être en incapacité de travail pour cause de problèmes psychiques.

"Le maître mot, c’est la pression, qu’elle vienne des banques ou de soi-même. On a beaucoup plus de paramètres à gérer qu’avant et toutes ces incertitudes font que beaucoup d’indépendants finissent par se casser la gueule ou péter un plomb", témoigne Albert Olivares, le directeur d’une concession automobile à Wavre. Il y a un an, cet indépendant a été victime d’une rupture d’anévrisme qu’il attribue au stress. "Quand on pousse ses limites trop loin et qu’on n’atteint pas ses objectifs, le retour de manivelle ne pardonne pas et tout s’effondre."

Et Albert Olivares est loin d’être le seul indépendant à souffrir physiquement de ce stress permanent.

D’après les chiffres avancés par la parlementaire Griet Smaers (CD&V) et relayés par le Syndicat neutre des indépendants (SNI), en 2015, 5.035 indépendants étaient invalides pour des soucis d’ordre psychique.

C’est 26 % de plus qu’en 2011. De nombreux facteurs peuvent causer du stress. "Avec la crise économique, les indépendants ont moins de marge de manœuvre. Ils croulent sous les impôts et les charges et sont sans cesse plus nombreux à faire des dépressions et des burn out. Le nombre de suicides aussi est en augmentation", explique Jean-François Dondelet, le secrétaire politique du Syndicat des indépendants et des PME (SDI).

Cette situation a de lourdes conséquences financières : en effet, le premier mois d’incapacité de travail, le malade ne reçoit pas d’indemnisation. Il est possible de percevoir une indemnisation forfaitaire dès le deuxième mois mais pour les syndicats, celle-ci est trop faible, ce qui pousse les indépendants à repousser leurs limites quitte à mettre leur santé en danger. "Dans la plupart des cas, les indépendants continuent à travailler même quand ils sont malades. Il n’y a qu’en cas de très lourde maladie ou de handicap physique qu’ils se mettent en incapacité de travail", explique Jean-François Dondelet.

C’est pour cette raison que les syndicats réclament des allocations plus élevées, basées sur les revenus précédents, octroyées dès le premier jour, et qui seraient d’après eux bien plus logiques et équitables. "Tout le monde peut tomber malade. Peu importe que l’on soit indépendant, fonctionnaire ou salarié. Il est normal d’investir également dans la prévention et la réintégration des indépendants malades de longue durée mais l’essentiel reste que les indépendants malades de longue durée puissent bénéficier d’un meilleur filet de sécurité", explique-t-on au SNI.