Vacances Renaat Landuyt, son bourgmestre, détaille le règlement pris pour les guides.

Nous évoquions dans le DH Mag de ce samedi le risque d’ubérisation du métier de guide touristique dans les principales villes d’art du pays. Plusieurs intervenants bruxellois souhaitaient voir la capitale - ville ou région - prendre exemple sur Bruges, avec un badge rendu obligatoire pour faire visiter la ville.

Le bourgmestre de la Venise du Nord, Renaat Landuyt (SP.A), a accepté de détailler les mesures mises en place suite à une ordonnance de police de fin 2017. La ville voulait en effet lutter contre les pratiques de recrutement de clients potentiels, de publicité mensongère, de nuisances sonores ou de comportement irrespectueux, avec des amendes à la clef. "En cela, Bruges est la première ville européenne qui a pris l’initiative de réglementer les promenades touristiques. L’effet des mesures imposées dépasse déjà les attentes."

Tout organisme qui propose des promenades touristiques doit disposer d’un permis. Les guides qui travaillent pour ces organisations doivent eux aussi obtenir un badge personnel avec photo. "L’office du tourisme (Toerisme Brugge) a informé - en cinq langues - les organisations regroupant des professionnels du tourisme, les associations professionnelles et les organisateurs de promenades touristiques."

Si la majorité des demandes sont faites par des Belges et ou des Européens, la ville en a enregistré en provenance principalement d’Extrême Orient et d’Amérique… ce qui donne un bel aperçu de ce qui se passe en matière de tourisme à Bruges.

Tous ceux qui s’enregistrent déclarent avoir lu et approuvé le règlement de police. Désormais, donc, plus question de racoler, interdiction d’utiliser des amplificateurs, obligation d’utiliser un système audio avec oreillettes (casque) à partir de 25 participants, interdiction de s’arrêter sur la chaussée, d’utiliser le mobilier de rue pour s’adresser aux participants à la promenade, de placer des expressions visuelles et promotionnelles sur des vêtements, parapluies, etc. autres que le logo ou le nom de l’entreprise de l’organisateur. "Nous n’avons pas l’intention de limiter le nombre de promenades touristiques ou de décourager les organisateurs de proposer un certain type de promenade, souligne Renaat Landuyt. Bruges veut donner toutes les chances à des nouvelles formes de développement touristique, à la condition expresse qu’elles ne nuisent pas à la ville, à nos habitants ou à nos visiteurs. Avec le nouveau règlement de police, nous tenons compte des résultats d’une enquête auprès des habitants, effectuée par Toerisme Vlaanderen et Toerisme Brugge . L’enquête a d’ailleurs démontré que les habitants de Bruges supportent le tourisme dans leur ville, à condition que l’impact du tourisme reste maîtrisable."

Bruges discute aussi avec d’autres villes européennes. Renaat Landuyt poursuit : "Toerisme Brugge échange ses expériences et son expertise avec des villes comme Amsterdam, Hambourg, Paris, Berlin, Vienne, Prague et Barcelone. Il est apparu lors d’un symposium à Helsinki que Bruges représente une source d’inspiration."