Vacances Kris Peeters défend l’économie collaborative, mais souhaite un meilleur cadre législatif.

Depuis l’avènement des Uber et autres géants tels que AirBnb, l’économie collaborative est entrée dans une nouvelle dimension. Naviguant souvent entre les lignes du cadre législatif, ces modèles ont aussi échappé à toute forme de contrôle durant de nombreux mois. "Je comprends fort bien l’intérêt des consommateurs pour l’économie collaborative, laquelle s’inscrit dans les nouveaux modèles économiques qui représentent autant de nouvelles opportunités à saisir pour les acteurs économiques belges, explique Kris Peeters, ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs. Le défi réside dans le fait de favoriser un développement optimal de cette nouvelle forme d’économie dans le respect des législations économiques, sociales et fiscales tout en assurant une protection adéquate au consommateur."

S’il estime qu’AirBnb a un côté sympathique, Kris Peeters comprend les inquiétudes du secteur (fédération hôtelière en tête). "Face à un modèle d’une telle ampleur, on ne peut pas se contenter de dire : ‘ ça ne va pas’ . Je ne suis donc pas pour une solution radicale telle qu’adoptée à Berlin où AirBnb a été interdit. Désormais, l’économique collaborative existe et on est obligé de lui donner un cadre légal pour qu’elle puisse s’exprimer. Quand on voit le phénomène Uber, s’il peut être intéressant pour le particulier qui y voit l’occasion de gagner un peu d’argent, il faut aussi prendre en compte la colère des chauffeurs de taxi professionnels. Ils sont employés, paient des charges sociales, des assurances, etc. AirBnb aussi, cela peut aussi être profitable pour les parents dont les enfants ont quitté le nid et qui se retrouvent avec deux ou trois chambres vides qu’ils pourraient valoriser, mais là aussi cela doit être encadré. Rien qu’au niveau des assurances, que se passerait-il en cas d’incendie ?"

La problématique du cadre légal n’est pas simplifiée en Belgique, la plupart des secteurs d’activité de l’économie collaborative ayant été régionalisés. "Le travail au noir ou la non-déclaration des revenus est pris en compte par le gouvernement fédéral. On cherche des solutions pour plus de transparence et de collaboration. L’une des pistes est la collaboration avec les plateformes qui facilitent cette économie (Uber, AirBnb, RestoLastMinute, etc). Le fisc est actuellement en négociation pour obtenir les données sur les utilisateurs et ainsi connaître le nom des fraudeurs."

Au niveau européen, la Commission européenne a aussi décidé de continuer à promouvoir cette forme moderne d’économie tout en évitant de créer une concurrence déloyale pour les professionnels des secteurs concernés. "Sous peu, la Commission va présenter toute une série de recommandations au Parlement européen en vue de libéraliser le secteur tout en l’encadrant un minimum."

L’enjeu est bien évidemment colossal puisque selon les chiffres de la Commision, les capitaux que pourrait générer l’économie collaborative oscillent entre 160 et 570 milliards d’euros.