Vacances Les festivités du 15 août en Outremeuse ont déjà débuté. Demandez le programme !

Il faut assurément être Liégeois pour saisir toutes les subtilités et les nuances du folklore d’Outremeuse, cœur d’une République libre autoproclamée dans la première moitié du XX e siècle. Et même à Liège, ils sont nombreux à ne pas comprendre toute l’ardeur et la fierté qu’ont les acteurs des festivités à faire vivre le 15 août et la République. Outremeuse est une île à part.

Depuis 90 ans, ce quartier atypique de Liège, coincé entre la Meuse et la Dérivation, a décidé de vivre à son rythme, quelques jours par an. Chaque année, le bourgmestre de Liège remet au président d’Outremeuse les clés de la ville. Durant cette période, Liège vit au rythme de la République.

Et cette année promet d’être intense tant il y a de choses à fêter, à commémorer. C’est en 1927, en effet, en s’inspirant de la République libre de Montmartre à Paris, que quelques érudits locaux ont décidé de constituer à Liège, dans ce quartier, une République identique, où l’esprit liégeois rencontrerait les traditions.

Ici, le religieux et le profane font bon ménage et le 15 août, date de l’Assomption, est devenu LE moment que toute une ville attend. Des centaines de milliers de personnes s’y retrouvent. Pour ce 90e anniversaire, c’est donc une sorte de "best of" qui sera proposé. "Car nous avons décidé de constituer le cortège en reprenant tous les groupes qui ont marqué les 15 août de ces dernières années", précise Christian Desloovere, maïeur d’Outremeuse.

Vers 14 h 30, une vingtaine de sociétés folkloriques, dont près de trente géants, huit harmonies et deux chars, s’élanceront dans un parcours en Outremeuse, point d’orgue des festivités. Et puisque l’un des plus illustres représentants d’Outremeuse, Jean-Denys Boussart, maïeur de Saint-Pholien, commune libre dans la libre République, nous a quittés, c’est la Confrérie des Marcatchous de Saint-Pholien qui ouvrira la marche. Plus tôt dans la journée, la procession de la Vierge Noire et la messe en wallon auront donné le ton. Sans oublier, cette année, l’inauguration de la statue restaurée de Tchantchès (14 h).

Mais si vous désirez faire le plein de folklore, c’est bien avant qu’il vous faudra franchir les ponts menant à l’île. Depuis ce 5 août le quartier est en fête. Et le 13, tout s’accélère, avec la Saint-Macrawe, fête des enfants. Le 14 août, c’est le jour des fêtards bien sûr (nombreux concerts en soirée) mais aussi la Tournée des Marie, lors de laquelle les Marie du quartier sont fleuries. Et ce sont aussi les séances de marionnettes au musée Tchantchès, sans oublier le Grand Tir de Campes, place Delcour à 18 h.

Pour les puristes enfin, la fête se prolongera le 16, avec l’enterrement de Mati l’Ohè (Mathieu l’Os en wallon), une fête réservée aux locaux mais qui, par son caractère particulièrement décalé, lui vaut un succès grandissant. On y enterre, dans le délire le plus total, ce qui reste de la fête : un os de jambon, avec du pèket, boisson officielle des festivités !