Vacances Partir au bon moment n’est plus la seule condition pour obtenir un ticket d’avion bon marché. Voici quelques trucs pour trouver votre bonheur. Analyse.

Comment obtenir un ticket d’avion à un moindre prix ? C’est la question que beaucoup d’entre vous se posent actuellement. Le début de l’hiver est l’une des périodes où les réservations pour les vacances au soleil sont les plus importantes. Au jeu de la recherche du prix le plus bas, chaque détail peut vous faire gagner ou perdre des euros : le moment où vous partez, l’heure à laquelle vous réservez, mais aussi l’ordinateur avec lequel vous effectuez votre recherche. Avec les outils informatiques de plus en plus performants, les compagnies aériennes sont devenues expertes dans la manière de rentabiliser leurs avions. Il est donc important de comprendre comment elles fonctionnent. Tentative de décodage.

1. Un même vol, mais 30 prix différents. Tout comme le secteur hôtelier, les compagnies aériennes font face à une contrainte de taille : elles vendent des biens "non stockables". Un ticket invendu sur le vol d’un avion déterminé est un revenu perdu à jamais pour un transporteur aérien. Un bon manager du secteur doit donc jouer à l’équilibriste entre l’offre et la demande de manière constante. Il faut rentabiliser au maximum les avions, tout en ne bradant pas trop les prix. C’est ainsi qu’est né aux États-Unis, au milieu des années 80, ce qu’on appelle le "yield management". Les compagnies partent d’un postulat : leur clientèle est hétérogène et peut être segmentée. En d’autres termes, dans un même avion, chaque client a des attentes différentes et, surtout, est prêt à débourser des sommes distinctes pour son vol. Certaines compagnies pratiquent ainsi jusqu’à une trentaine de prix différents pour un même voyage.

En haut de la pyramide, on retrouve les hommes d’affaires, tandis que les tarifs deviennent plus intéressants pour les familles ou les touristes aux heures et jours qui n’intéressent pas… ces hommes d’affaires. La plupart des compagnies aériennes utilisent le "yield management" qui, avec les nouveaux outils numériques, est devenu extrêmement complexe et instantané. Une promotion de la concurrence, un événement populaire ou un salon professionnel dans la ville de destination ou encore une annulation d’un groupe dans un avion entraînent de nombreuses variations de prix par jour. Cette stratégie est aussi très rentable : American Airlines estime qu’elle lui fait gagner 500 millions de dollars par an, contre 300 millions de dollars pour Delta Airlines. Malgré la complexité du système, on peut en retirer quelques constantes.

2. Partir un mercredi, revenir un mardi ou samedi. Dans ce labyrinthe de données, l’un des faits constatés est que les vols de milieu de semaine sont (souvent) moins onéreux. Les débuts et fins de semaine sont très prisés par les hommes d’affaires, tandis que les week-ends le sont par les touristes. D’après le moteur de recherche Kayak.fr, le mercredi est, la plupart du temps, le jour de départ le moins cher. Pour le retour, on observe une différence entre les vols européens, où le samedi est le plus avantageux, et les vols long courrier, où le mardi est le moins cher. Les jours fériés et les vacances scolaires sont évidemment aussi à éviter si vous voulez ne pas payer le prix fort, à moins de réserver longtemps à l’avance. Il est aussi important de vérifier qu’aucun grand événement dans votre ville de destination, tel un festival à Cannes ou un salon de mode à Milan, ne viennent pousser les prix drastiquement vers le haut.

3. Réserver un mardi deux mois avant votre vol. Si la date où vous partez est déterminante sur le montant déboursé, le moment où vous réservez votre voyage est aussi devenu crucial. Toujours selon kayak.fr, en réservant son vol au bon moment, il est ainsi possible d’économiser jusqu’à 78 % sur le prix d’un billet. La règle générale est la suivante : plus vous réservez tôt, plus vous aurez une chance de trouver des billets bon marché. Si les promotions de dernière minute sont encore courantes chez les tour-opérateurs, elles ne sont plus pratiquées par la grande majorité des compagnies aériennes. Ces dernières préféreront laisser un siège vide plutôt que de le brader à tout prix. La raison ? Les passagers qui ont des tickets annulables sans frais pourraient exiger un remboursement et acheter un billet "last minute" moins cher. Quand sortir la carte Visa alors ? Là aussi, il existe une différence entre les destinations européennes, où le délai de réservation idéal est, selon kayak.fr, d’un à deux mois avant un vol et les vols long courrier (entre trois et cinq mois). Les compagnies savent aussi que beaucoup d’entre nous profitent du week-end pour effectuer des réservations et les prix proposés en semaine (surtout les mardis, mercredis et jeudis) sont très souvent moins chers. L’idée est aussi de réserver à un moment de moindre affluence (très tôt le matin ou très tard le soir, par exemple). Ou à des moments creux. D’après Test-Achats, le mardi à 15h serait ainsi la période idéale pour réserver son vol à moindre prix.

4. Changer d’ordinateur. La pratique frôle l’illégalité et aucune compagnie ou site de comparateur de prix ne vous dira qu’elle ou il y recourt. Pourtant beaucoup de clients en ont déjà fait l’expérience : vous cherchez sur votre ordinateur un billet pour un vol vers Rome, par exemple. Votre recherche prend du temps, car vous allez sur différents sites pour comparer les prix. Après un temps de réflexion, vous vous décidez d’acheter votre ticket, mais en retournant sur le site d’origine, le prix proposé a mystérieusement augmenté. Pris de panique, vous achetez ce billet immédiatement, en pensant que les tarifs ne vont faire que croître. Que s’est-il passé ? La plateforme sur laquelle vous vous trouvez a enregistré votre recherche et surtout identifier votre IP, c’est-à-dire "l’adresse" de votre ordinateur. En voyant que vous étiez un acheteur potentiel pour ce vol, le voyagiste en a profité pour majorer le tarif lors de votre visite suivante. Le but est double : vous pousser à l’achat, et, au passage, à un prix plus onéreux. Pour contourner cette stratégie, il suffit de faire ses recherches sur un ordinateur (ou objets connectés) et d’effectuer son achat sur un autre. Il existe aussi des logiciels pour éviter ce pistage.


Les pièges sont multiples lors d’une réservation via Internet

Très peu sont ceux qui réservent encore un billet d’avion via une agence de voyages classique. La majorité des tickets s’achètent désormais en ligne. L’avantage étant de pouvoir y comparer rapidement et facilement un grand éventail d’offres. Mais comment ne pas se perdre parmi tous ces comparateurs de prix et autres sites de ventes en ligne qui pullulent sur le Net ? Récemment, Test-Achats a donné quelques conseils pour s’y retrouver. Les voici.

- Limitez-vous aux principaux sites de vente qui font à votre place l’essentiel du travail de comparaison. Parmi les sites fiables, Test-Achats cite www.skyscannet.net ou www.kayak.com qui comparent les vols et les tarifs de la plupart des compagnies aériennes.

- Quand vous avez trouvé un vol qui vous convient, rien ne vous empêche de vérifier si le vol en question n’est pas encore moins cher sur le site de la compagnie, ou s’il n’existe pas d’autres combinaisons.

- Il est parfois intéressant de décoller d’un aéroport étranger, comme celui d’Amsterdam ou de Paris. Tenez compte, dans ce cas, des éventuels problèmes pratiques et frais supplémentaires comme le transport ou les nuits d’hôtel sur place.

- Si vous devez emprunter plusieurs vols pour atteindre votre destination, vérifiez si vous n’y gagnez pas en achetant deux billets séparés.

- Faites attention aux suppléments. Des pièges peuvent se cacher à chaque étape de votre réservation en ligne. Certains sites demandent quelques euros en plus pour des paiements par carte bancaire; dans les tarifs peuvent être compris ou non les bagages; ou encore les suppléments non obligatoires, comme les assurances, sont parfois cochés d’office à l’écran.