Vacances La croissance est toujours là, mais bien plus faible qu’auparavant.

Les coffrets cadeaux restent tendance, même si les progressions sur douze mois n’atteignent plus les 30 ou 40 %, comme tel était le cas à la fin des années 2000. "C’est un produit mature ", explique Olivier de Thysebaert, Marketing Director Beneleux pour Wonderbox-Vivabox. " La progression annuelle est désormais de 1 ou 2 %".

Le marché global belge n’en tourne pas moins autour des 70 millions d’euros, dont 50 millions pour le seul segment particuliers. Ce n’est pas rien.

Wonderbox-Vivabox a pour sa part écoulé 321.000 coffrets en 2016.

Si l’offre s’est largement diversifiée depuis le début des années 2000, le coffret cadeau reste par excellence un cadeau offert lors des fêtes de fin d’année. Quarante pour cent des ventes ont lieu durant cette période.

La Fête des mères ou des pères - pour lesquelles des coffrets spécifiques sont proposés - sont d’autres moments forts, de même que la fin de l’année scolaire. "Plutôt que d’offrir des fleurs ou des chocolats, de plus en plus de parents se cotisent pour offrir un coffret au professeur ."

"L es coffrets séjour et gastronomie marchent très bien. Le Belge aime faire ou se faire plaisir ", poursuit Olivier de Thysebaert. " Nous n’avons pas souffert de la crise. Même en période de crise, on a toujours besoin de se faire plaisir. Dans les formules séjour, le Luxembourg est en tête des destinations. Le pays est à la fois proche tout en offrant du dépaysement."

Le marché est en tout cas très concurrentiel, où Bongo est devenu un terme générique pour toutes les propositions. "C’est vrai que certains parlent d’un Bongo Wonderbox, mais les gens commencent à changer de vocabulaire. C’est en tout cas un marché qui peut très vite basculer d’un promoteur à l’autre."

Pour faire la différence avec la concurrence, Wonderbox table sur la qualité et le nombre de partenaires. "Nous travaillons aujourd’hui avec 10.000 partenaires, de quoi pouvoir proposer 30.000 activités différentes. "

L’offre se décline en 50 coffrets Wonderbox et en 39 coffrets Vivabox. Elle est disponible dans la distribution et bien entendu en ligne, où vous trouvez aussi des propositions très ciblées qui ne font pas (encore) l’objet d’un coffret.

Cela permet aussi de tester de nouvelles idées, de nouvelles tendances. Car tout ne marche pas. "Nous avions, par exemple, proposé un coffret autour de la thématique du chocolat, qu’il s’agisse de dégustation ou de massage. L’idée semblait très bonne, mais cela n’a pas marché."

Il y a aussi des différences culturelles. "Nous avons une proposition petit-déjeuner qui marche très bien dans le Nord du pays alors que le Sud n’accroche pas. Nous allons la relancer. "

L’offre est en tout cas renouvelée chaque année, avant les fêtes.


Des coffrets ne sont jamais utilisés

Et pourtant, ils sont valables jusqu’à deux ans et demi et peuvent être échangés gratuitement

Le pic d’utilisation des coffrets-cadeaux intervient entre avril et septembre. "Environ 50 % des coffrets sont utilisés dans les six mois après l’achat", explique Olivier de Thysebaert.

Les échanges de coffrets sont peu nombreux, de l’ordre de 5 % à 10 %. Il est vrai que la durée d’utilisation est assez longue (jusqu’à près de deux ans et demi pour les coffrets achetés en fin d’année). Lorsqu’ils sont échangés (gratuitement), c’est bien souvent 3-4 mois avant l’échéance du coffret, fixée au 31 mars de chaque année. Passé ce délai, il est trop tard…

Des coffrets ne sont jamais utilisés. De l’ordre de 10 %, en moyenne, une proportion qui a tendance à diminuer. " Il s’agit souvent de coffrets dont le prix d’achat n’a pas été trop élevé ", témoigne le Managing Director de Wonderbox. " Au-dessus de 50 euros, ils sont toujours utilisés."

C’est à première vue tout bénéfice pour la société puisque l’argent est rentré mais ne doit finalement pas sortir de sa poche. " Nous préférons au contraire que tous les coffrets soient utilisés", reprend Olivier de Thysebaert. " Lorsque vous utilisez un coffret, vous en parlez autour de vous." Cela donne un petit coup de pub gratuit et fait tourner le business.

Les plaintes son t très peu nombreuses. " Nous y sommes très attentifs car si vous êtes mécontents, vous en parlez à votre entourage. C’est pourquoi, nous menons une enquête approfondie lorsque nous recevons une remarque."

Des mysterious shoppers seront dépêchés sur place pour évaluer la pertinence de la plainte.

Reste à voir s’il y a toujours de la place pour les détenteurs d’un coffret-cadeau séjour. " Officiellement, il n’y a pas de quotas. Ce qui peut se passer, c’est qu’il n’y ait plus de place dans un hôtel pour la catégorie de chambre prévue dans le coffret. En cas de problème, nous pouvons reprendre la main et effectuer la réservation à la demande du client."


"Une expérience qualitative"

Tout coffret a un prix, qu’il n’est pas forcément évident d’établir. "Lorsque nous travaillons avec un hôtel, nous lui demandons quel est le prix de la chambre lissé sur toute l’année", explique Olivier de Thysebaert. Or, ces prix sont en fluctuation permanente sur les centrales de réservation, en fonction de l’offre et de la demande.

L’offre d’un coffret cadeau consiste à proposer une "expérience qualitative" supérieure à celle d’une réservation via un site. "Le partenaire offrira par exemple un verre de bulles à l’arrivée ou proposera un petit panier garni. Dans un restaurant, nos clients auront par exemple de petites mises en bouche supplémentaires, ou d’autres attentions."

De même, dans les coffrets proposant de multiples activités, établir un prix unique n’est pas forcément évident.

De même, pour le vol en ULM proposé dans le coffret Fête des mères, "nous négocions pour obtenir un temps de vol supérieur au temps de vol normal ou pour inclure une séance photo".

Autant de gestes qui apportent un plus.