A Mexico, le temps presse pour extraire des survivants des décombres

Publié le à Mexico (AFP)

Le temps pressait jeudi à Mexico, deux jours après le violent séisme qui a fait au moins 233 morts, pour extraire des survivants d'une école effondrée où 21 enfants ont péri.

Depuis bientôt 48 heures, secouristes et bénévoles poursuivent sans relâche leurs recherches sur le site de l'institution privée Enrique Rebsamen, qui recevait des élèves du primaire et du secondaire. L'état de détérioration du bâtiment a obligé les secours à interrompre leurs opérations durant quelques heures et à limiter le nombre de personnes sur place, a constaté l'AFP.

"Les forces armées ont pris la décision de poursuivre les recherches, espérons qu'elles seront couronnées de succès bien que nous ne puissions compter sur la présence d'aucun proche" des enfants, a déploré le ministre de l'Education Aurelio Nuño sur la chaîne Televisa.

Cela fait "approximativement 12 heures" qu'aucun des parents d'élèves disparus ne s'est présenté devant l'école pour fournir des renseignements sur les enfants.

M. Nuño, qui se trouve sur place depuis 24 heures, a assuré que malgré les informations contradictoires, tout indique qu'au moins une élève est encore en vie sous les décombres.

"Nous savons qu'il y a une petite fille vivante à l'intérieur, mais nous ne savons pas comment l'atteindre (...) sans provoquer un effondrement et sans prendre des risques pour le personnel", avait déclaré auparavant à la télévision l'amiral José Luis Vergara, qui coordonne l'opération.

- Tourisme sur les ruines -

Dans cette école, au moins 21 élèves âgés de 7 à 13 ans ainsi que cinq adultes sont morts et une trentaine d'enfants restent portés disparus, selon les services de secours. Jusqu'à présent, 11 enfants et une maîtresse ont été extraits vivants des décombres.

Selon le dernier bilan de la Protection civile, qui s'était stabilisé ces dernières heures, on comptait 102 morts à Mexico, 69 dans l'Etat de Morelos, 43 à Puebla, 13 dans l'Etat de Mexico, cinq dans le Guerrero, un à Oaxaca. Un Taïwanais, une Panaméenne et un Espagnol font partie des morts, selon les autorités de leurs pays.

Dans des zones éloignées du centre de la capitale, comme Xochimilco, à l'extrême sud, où l'on compte de nombreuses maisons écroulées, l'aide matérielle et humaine arrive au compte-goutte.

"J'ai besoin de secouristes, hier (mercredi) on avait tout, et maintenant il n'y a personne. Ils viennent, font du tourisme sur les ruines et s'en vont", a déclaré à l'AFP un secouristes de 45 ans, qui a dit s'appeler Morales.

A Mexico, "50 personnes ont été sauvées des décombres", a déclaré le président mexicain Enrique Peña Nieto, dans un message télévisé. "La priorité est toujours de sauver des vies".

Selon les autorités locales, un homme resté coincé 26 heures et une femme de plus de 90 ans ont été secourus dans le nord de la ville. Les experts estiment qu'au bout de 72 heures l'espoir de trouver des survivants est presque nul.

- Solidarité -

Plusieurs pays, dont Israël, le Chili et le Salvador, l'Espagne et la Colombie ont annoncé l'envoi de renforts.

On compte une quarantaine de bâtiments écroulés à Mexico, mégalopole de 20 millions d'habitants, selon le maire Miguel Angel Mancera.

Les dégâts se concentrent dans le sud de la ville et les quartiers branchés de la Roma et la Condesa, connus pour leurs bars et restaurants et où résident de nombreux étrangers.

Dans la capitale, la solidarité des habitants est telle que les secours et les médias ont appelé la population à ne plus envoyer d'aliments périssables. Des listes établies par les secours recensent le matériel et les volontaires nécessaires, désormais sélectionnés.

Le séisme de mardi est survenu 32 ans jour pour jour après le puissant tremblement de terre de 1985, qui avait fait plus de 10.000 morts et reste un traumatisme national au Mexique.

Il a surpris nombre de Mexicains, la technologie antisismique ayant connu des ratés mardi: l'alerte sonore censée prévenir en cas de séisme n'a pas fonctionné ou est intervenue trop tard.

Selon les experts, cela peut s'expliquer par la localisation de l'épicentre, au centre du pays, c'est-à-dire hors de la principale zone à risque, l'océan Pacifique, où l'on trouve une centaine de capteurs le long de la côte.

Cette nouvelle tragédie frappe un pays encore sous le coup d'un séisme de magnitude 8,2 --le plus puissant en un siècle au Mexique--, qui a fait une centaine de morts et plus de 200 blessés dans le sud du pays le 7 septembre.

Situé à la jonction de cinq plaques tectoniques, le Mexique est l'un des pays du monde où l'activité sismique est la plus forte.

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