Code du travail: les opposants à la réforme moins nombreux dans la rue

Publié le à Paris (AFP)

Des dizaines de milliers d'opposants à la réforme du code du travail ont battu le pavé jeudi, dans l'espoir d'infléchir la position d'un gouvernement résolu à mener à bien son projet, mais ils étaient moins nombreux que la semaine dernière.

Opérations escargots et blocages d'autoroutes avaient lancé cette deuxième journée d'actions, et les quotidiens nationaux étaient absents des kiosques, avant les premières manifestations organisées à l'appel de la CGT, Solidaires et de l'Unef, à la veille de la présentation des ordonnances en conseil des ministres.

"Fainéants de tous les pays, unissez-vous", "Séparation du pouvoir et du Medef" ou encore "La loi Macron, c'est pour les patrons": à Paris, Rennes, Nîmes, Marseille ou Caen, les slogans et pancartes rivalisaient de créativité.

Par rapport au 12 septembre, la mobilisation était en retrait, en régions comme à Paris, selon les chiffres recueillis par l'AFP auprès des organisateurs et des autorités.

A Paris, il y a eu 16.000 manifestants selon la police, 55.000 selon la CGT (24.000 à 60.000 le 12 septembre).

Mais Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a revendiqué un niveau de mobilisation "équivalent" à celui de la semaine dernière et "plus de débrayages dans les entreprises".

Dans les manifestations, flottaient les drapeaux des syndicats organisateurs, mais aussi, ceux de FO, de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC, dont les centrales n'ont pas appelé à se mobiliser.

"On est là pour défendre le sort des salariés. Ce qui reste de la négociation est absolument inacceptable", a déclaré Laurent Boisgontier, délégué syndical FO à la Macif, dans la manifestation à Toulouse.

A Perpignan, Bernard un retraité de la Poste, est venu parce que "le projet brutal de Macron est antisocial et antidémocratique. Sous ses dehors jupitériens, il nous cache quelque chose de thatchérien".

Dans la plupart des cortèges, étaient également très présents les représentants de la France Insoumise, qui prévoit une manifestation samedi contre le "coup d'Etat social" que représente cette réforme. "Ce n'est qu'un début", a lancé à Paris Jean-Luc Mélenchon.

Des jets de projectiles et des dégradations ont été constatés dans le défilé parisien.

Jusqu'à présent, le chef de l'Etat s'est montré inflexible pour faire aboutir une réforme applaudie par le patronat, et qui reprend certaines de ses promesses emblématiques de campagne.

- 'La rue, c'est aussi la démocratie' -

Depuis New York, il a tranché : "La démocratie, ce n'est pas la rue", une phrase qui a agacé politiques et syndicats, tout comme celle sur les "fainéants", lancée quelques jours avant la mobilisation du 12 septembre. "La rue, c'est aussi la démocratie", a rétorqué Philippe Louis, président de la CFTC.

Les syndicats s'inquiètent notamment d'une baisse des moyens accordés aux représentants du personnel, du plafonnement des indemnités prud'homales ou de la possibilité de passer outre les syndicats pour négocier dans les entreprises de moins de 50 salariés.

S'il y a consensus entre les syndicats pour dire que cette loi risque d'affaiblir les droits des salariés - une vision que partagent les Français selon les sondages -, ils ne sont pas arrivés à faire front commun.

Lundi, des syndicats routiers CFDT et CFTC ont ouvert le bal de la contestation de cette semaine, en organisant des rassemblements à Paris et en régions. Les syndicats CGT et FO du transport vont prendre le relais lundi prochain, avec une grève reconductible. Et ils promettent une "mobilisation massive". La fédération CGT des services publics a de son côté déposé un préavis de grève courant du lundi 25 septembre au 15 octobre.

A contre-courant des critiques syndicales, la principale association de DRH a salué mercredi des ordonnances "très positives", qui vont "moderniser" et simplifier" la vie des entreprises, quand Pierre Gattaz, le patron du Medef, s'est de nouveau réjoui de la réforme, la qualifiant de "belle avancée".

Emmanuel Macron, en baisse dans les sondages, sera confronté à des mouvements tous azimuts dans les semaines à venir, après avoir annoncé une série de mesures d'économies impopulaires. D'abord la manifestation des retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, puis celle des fonctionnnaires, le 10 octobre, opposés aux suppressions de postes prévues ou à la réinstauration du jour de carence.

Le 12 septembre, entre 223.000 et 500.000 personnes ont défilé dans toute la France (chiffres police et CGT).

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