Crash d'hélicoptère: A Glasgow, le deuil au lieu de la fête

Publié le à Glasgow (AFP)

Dans Glasgow décorée pour la Saint Andrew, la fête nationale, les drapeaux flottaient à mi-mât samedi et la plupart des réjouissances ont été annulées, au lendemain du terrible accident d'hélicoptère de la police tombant comme une pierre sur un pub bondé.

Alors que le dernier bilan faisait état de 8 morts et 32 blessés, John McGarrigle, 38 ans, fait partie de ceux qui sont déchirés entre l'espoir et l?angoisse. Il a passé une partie de la nuit et de la journée devant le cordon de sécurité installé par la police aux abords du pub Clutha.

A qui veut l'entendre, il dit de son père dont il est sans nouvelle : "Je sais qu'il était la-dedans".

La tignasse blonde et le teint pâle, McGarrigle montre la photo sur son téléphone portable où il pose bras dessus bras dessous avec ce père de 59 ans.

Il a essayé d'appeler son numéro, ainsi que les numéros d'urgence mis à disposition du public, les hôpitaux de la ville. Sans succès.

"Dès que j'ai entendu qu'il y avait eu un accident au Clutha, j'ai su qu'il lui était arrivé un malheur", raconte-t-il à la BBC.

"Je vais rester ici jusqu'à ce que je voie des victimes sortir du bâtiment".

Ils sont plusieurs autres à attendre, comme lui.

Au Scotia bar, un concurrent à proximité immédiate, le drapeau national bleu et blanc accompagne les décorations de Noël.

Robert McKay, un plombier de 57 ans, attend des nouvelles de trois copains.

"Vous gardez l'espoir, mais..." Il est incapable de terminer sa phrase et ses yeux s'emplissent de larmes à la vue de l'immense bâche bleue qui recouvre la carcasse de l'hélicoptère qui s'est désintégré à l'impact, sur le toit du Clutha.

"On est pas mal à avoir éclusé des pintes ces trente dernières années en se partageant entre les deux pubs", dit-il à l'AFP.

"Ca devait être plein à craquer" au Clutha, raconte-il, alors que la télévision n'en finit pas de diffuser les témoignages de rescapés qui racontent avoir entendu un grand fracas, malgré la musique assourdissante, avant qu'une partie du plafond ne s'effondre.

Chacun raconte l'élan de solidarité de ceux qui se sont précipités au péril de leur vie pour aider à extraire des blessés.

Une femme entre deux âges attend elle aussi, en larmes.

"Je n'ai pas réussi à la joindre", dit-elle d'une amie. "Maintenant je crains le pire."

La nuit est tombée. Près de 20 heures après la tragédie, des dizaines de camions de pompiers, des ambulances, des véhicules de police sont toujours stationnés le long du fleuve, la Clyde.

George Ewart, 32 ans, un employé de banque, évoque l'annulation des festivités de la Saint Andrew devant une pinte. "C'est tout simplement tragique", dit-il.

Des habitants ont entrepris de déposer des gerbes de fleurs au pied du mur d'un hôtel qui fait face au pub.

Connor Chatterton, un étudiant de 17 ans, raconte encore à l'AFP le sifflement qui a accompagné la chute de l'hélicoptère, puis le "bang sonore".

© 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.