En Argentine, vote historique en faveur du droit à l'avortement

Publié le à Buenos Aires (AFP)

Le droit à l'avortement se profile à l'horizon en Argentine, pays du pape François: les députés ont adopté jeudi en première lecture un projet de loi légalisant l'IVG, malgré la résistance de l'Eglise, fortement mobilisée pour mettre en échec le projet de loi.

Le texte a été approuvé avec une courte majorité. Le "oui" au projet de loi a recueilli 129 voix, contre 125 au "non". Le projet de loi doit encore être approuvé par le Sénat, réputé plus conservateur, pour que l'avortement soit légalisé.

Le projet de loi prévoit un droit à l'IVG durant les 14 premières semaines de grossesse.

Le vote est historique en Argentine, où l'Eglise a mis toutes ses forces dans la bataille pour mettre en échec le projet de loi. Les évêques se sont mobilisés pour tenter de convaincre les parlementaires de ne pas voter la loi.

A l'annonce des résultats du vote des députés, des larmes de bonheur, une clameur, des cris de joie ont retenti sur la place du Congrès de Buenos Aires.

Micaela Gonzalez, étudiante de 19 ans, enveloppée dans une couverture, a passé la nuit devant le parlement. "Cela fait des années qu'on lutte pour ce droit, ce vote montre que ça vaut la peine de continuer la lutte. Aujourd'hui, nous les femmes, nous sommes un petit peu plus libres, nous serons moins nombreuses à mourir", a confié la jeune femme, les larmes aux yeux.

Aujourd'hui, les Argentines ne peuvent avorter légalement qu'en cas de viol ou de danger pour la santé de la femme enceinte.

"C'est une victoire", a réagi Irène Rivas, 62 ans, elle aussi présente devant le Congrès.

"L'Eglise doit chercher à influencer ceux qui partagent ses convictions, pas au-delà. En matière de politique publique, c'est l'intérêt commun qui prévaut", a-t-elle ajouté.

Le texte a été adopté jeudi matin, au terme de plus de 22 heures de discussions, où les divisions entre partis se sont effacées pour laisser la place à un débat passionné.

"C'est le temps du droit des femmes", a célébré la députée de Proposition républicaine (PRO, membre de la coalition gouvernementale Cambiemos) Silvia Lospennato.

Pour la députée du Front pour la victoire (FPV, opposition) Mayra Mendoza, l'avortement était "une dette de la démocratie".

"C'est absurde et injuste d'approuver une loi qui autorise à tuer des êtres humains qui doivent être respectés, dès leur conception", a dénoncé Luis Pastori, député de l'Union civique radicale (UCR, Cambiemos).

Un autre député de Cambiemos Sebastián Bragagnolo rejette la loi en affirmant que "la femme n'a pas droit à l'avortement, elle a droit à la santé. L'enfant à naître est biologiquement et scientifiquement un être humain".

Des milliers de personnes avaient bravé le froid et passé la nuit de mercredi à jeudi devant le parlement, les uns, avec un foulard vert, pleins d'espoir de vivre un jour historique. Les opposants au texte priaient pour que le "non" l'emporte.

La lutte pour le droit à l'avortement a pris un nouvel élan ces dernières années, portée par le mouvement féministe #NiUnaMenos (pas une de moins), mobilisé contre les violences faites aux femmes.

Le mois dernier, la légalisation de l'avortement en Irlande - un autre pays à forte tradition catholique - avait donné encore plus d'espoir aux militantes argentines.

Paradoxalement, l'Argentine est le premier pays d'Amérique latine à avoir légalisé en 2010 le mariage gay et une loi avant-gardiste permet aux travestis de changer de sexe à l'état civil, sans opération de changement de sexe.

Dans bien des pays, le mariage gay est venu des décennies après la légalisation de l'avortement.

Légalisé en 1967 au Royaume-Uni, en 1975 en France, l'avortement est encore largement illégal en Amérique latine, sauf à Cuba (depuis 1965), en Uruguay (2012) et dans la ville de Mexico.

© 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Ailleurs sur le web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

Vous râlez contre votre partenaire dans la mesure où ce dernier consacre trop de temps à son travail.

Taureau

L’être aimé à besoin de tendresse, de sérénité, mais aussi de fantaisie et d’imprévu.

Gémeaux

Vous jouez les jolis cœurs auprès de votre partenaire en répondant sans broncher à ses moindres désirs.

Cancer

Vous avez l’art de provoquer l’attachement de l’être aimé. Vous multipliez les petites attentions.

Lion

Pas question de vous ménager lorsqu’il s’agit de faire aboutir un projet personnel, familial ou de travail.

Vierge

Vous tendez à vous reposer un peu trop dans votre zone de confort. Vous ne prenez plus de risques.

Balance

Votre sens des responsabilités est parfaitement aiguisé. Financièrement, vos comptes ne sont plus en équilibre. Attention !

Scorpion

Vous êtes rapidement rappelé à l’ordre par l’un de vos proches à qui vous avez fait quelques promesses.

Sagittaire

Si vous pensez pouvoir profiter d’une journée tranquille, c’est sans compter sur une visite surprise, un imprévu.

Capricorne

Votre attention se tourne sur votre activité professionnelle. Vous êtes en attente d’une nouvelle.

Verseau

Ce n’est pas une journée très positive sur le plan sentimental. Du moins si vous ne faites aucun effort pour la rendre plus agréable.

Poissons

Côté cœur, l’harmonie conjugale est retrouvée, vous nourrissez votre complicité. Vous surprenez l’autre.

Facebook